Compte rendu de notre dernier café débat.

Posté le Dimanche 17 janvier 2010

Le 13 novembre dernier, l’AEMF a organisé au Café des Arts un café débat avec pour thème la répartition des tâches ménagères au sein du couple, durant lequel nous avons interrogé un couple témoin. Pour appuyer nos propos, François Oudin, ethnologue et professeur à l’université de Metz, a répondu présent à notre invitation. Il est maintenant temps pour nous de vous présenter un compte rendu de cette soirée.

Cliquez ici pour voir nos photos
Album : Cliquez ici pour voir nos photos

2 images
Voir l'album

Pour commencer, Florence Lhote, la présidente de l’association, a expliqué que le choix du sujet est parti d’une statistique : les hommes ont augmenté d’une minute par an en moyenne leur participation aux tâches ménagères dans le couple.

Partant de ce constat, l’ethnologue François Oudin a présenté le sujet sous un angle historique, sociologique et ethnologique, et a détaillé la situation actuelle en ce domaine et ses ambigüités. Selon lui, chronologiquement, la distinction classique homme-femme semble remonter au XII ème siècle. En résumé, la famille nucléaire, composée des parents et des enfants, s’occupe de ces derniers. La séparation des rôles n’est pas naturelle; elle serait plus culturelle, basée sur la distinction entre l’intérieur, le foyer, et l’extérieur. Les travaux de force, plus « prestigieux », sont un monopole masculin, tandis que les tâches domestiques semblent dévolues aux femmes, ainsi que l’éducation des enfants et leur maternage.

Le débat s’est ensuite enrichi du questionnement du couple témoin :

1) Depuis combien de temps êtes-vous mariés?

Le couple est marié depuis 31 ans.

2) Comment s’est effectuée la répartition des tâches ménagères?

Il semble qu’elles se sont réparties de façon naturelle.

3) Comment s’organisent les tâches ménagères?

C’est visiblement le premier qui rentre qui s’en occupe. L’homme fait le repassage. On constate que le rattachement au modèle dominant est « rassurant ». Et la question se pose: par quoi remplace-t-on ce modèle? En effet, il existe une pluralité de modèles, mais souvent les femmes cumulent les deux, à la fois les tâches masculines et féminines.

4) Combien de temps chaque membre du couple consacre-t-il aux tâches ménagères?

 Pour l’homme, il s’agit d’environ une heure par jour. Pour la femme, c’est plus difficile à quantifier, car il faut rajouter « les courses ». En fait, il y a une alternance dans les tâches domestiques.

5) Les tâches ménagères sont-elles une source de friction au sein du couple?

Elles semblent anodines. Cependant, on note une évolution par rapport aux générations précédentes : il existe un « modèle égalitaire » qui semble prévaloir dans les jeunes couples. Il semble aussi que les femmes effectuent peu souvent certaines tâches, comme certains travaux physiques, ou réparations de type électrique. Cela dépend aussi de l’emploi du temps, surtout pour les femmes.

Le débat se poursuit avec l’intervention des autres personnes présentes.

Une personne explique qu’en Allemagne, les jeunes femmes qui ne s’arrêtent pas de travailler pour s’occuper de leurs enfants sont mal vues, perçues comme des « mauvaises mères », d’autant qu’il y a un problème de places en crèches. De façon générale, les pères au foyer semblent tout autant « mal vus », car à tort peut-être, perçus comme « incompétents ».

Les intervenants en déduisent qu’il semble que nous nous trouvions dans une période charnière pour la valorisation du travail domestique, car les femmes doivent souvent cumuler plusieurs rôles. De plus, le nombre d’enfants entre en ligne de compte. Encore une fois, il y a des différences nationales; ainsi, dans les pays nordiques, ce sont les femmes salariées qui ont le plus d’enfants. Des statistiques ont aussi démontré que moins les femmes sont exigeantes et plus les hommes participent aux travaux domestiques.

Le nœud de tension se situe surtout dans l’articulation entre le besoin nécessaire de repères au sein du couple et une répartition équilibrée, qui ne fasse pas peser tout le poids du ménage sur les épaules de la femme.

Enfin, en guise de conclusion, il est à noter que des efforts significatifs sont encore à réaliser dans ce domaine et que comme « toute évolution des mentalités », souligne l’ethnologue François Oudin, « elle se réalise très lentement ».

Tous nos remerciements à monsieur Oudin et à notre couple témoin.

aemf @ 17:15
Enregistré dans Comptes-rendus et photos de nos actions
Le droit à l’IVG attaqué de toutes parts – L’Humanité

Posté le Dimanche 17 janvier 2010

       200 000 refus d’IVG sont constatés en France chaque année. Marie-Laure Brival, obstétricienne de la maternité des Lilas, elle, dénonce un retour en arrière.« Assiste-t-on à un recul du droit à l’avortement? »  la loi de 2001 est différemment mise en pratique, et remise en cause. La limitation des centres d’orthogénie fait partie de ce phénomène. A certains égards , c’est comme si on était aux premiers temps de la loi (sur l’IVG ). De nombreux services refusent de prendre les IVG au-delà de dix semaines de grossesse , ainsi que les mineures non accompagnées de leurs parents ou les femmes sans papier. 

     D’autre part, beaucoup de médecins refusent en se retranchant derrière la clause de conscience. A chaque femme de se débrouiller pour trouver un hôpital. D’ailleurs, les hôpitaux n’ont pas non plus de sanctions s’ils ne font rien pour l’organisation de la prise en charge des IVG. Le délai moyen pour avorter est maintenant de deux à trois semaines. « Pourquoi certains médecins sont-ils si frileux? » Ils n’ont jamais intégré l’avortement dans la pratique de leur métier. En 1975, refuser  de pratiquer un avortement relevait de la non-assistance à personne en danger. Maintenant, l’idée réapparait que les femmes utilisent l’avortement comme un moyen de contraception , ce qui est totalement faux. Certains documents en viennent à poser des restrictions ou refusent carrèment de pratiquer des IVG.  « L’IVG est-elle toujours un tabou dans notre société? »  Oui, même les femmes ont intégré la notion que l’avortement c’est mal. On assiste au retour de l’idée que les femmes doivent porter des enfants. Avec le développement de la médecine foetale et de l’imagerie médicale, l’embryon est devenu une réalité anthropologique. Jusqu’au début des années 90, une femme qui faisait une couche ne perdait pas son enfant. Avec la déclaration des enfants nés sans vie sur le livret de famille, on entretient une confusion permanente entre foetus et embryon. 

       En Ile-de-France, avorter tient du parcours de la combattante. Depuis la fermeture du centre IVG de l’hôpital Tenon en juillet, les patientes sont redirigées vers Saint-Antoine. Mais le  centre d’orthogénie est aussi menacé. Les femmes devraient ensuite être aiguillées vers Trousseau. A quand la prochaine fermeture? A Saint-Antoine, les femmes venues pour une IVG cotoient celles qui sont venues pour des grossesses pathologiques et des problèmes gynécologiques. La proximité entre femmes enceintes et femmes ayant subi une IVG est difficile à gérer. C’est encore pire depuis la fermeture du centre d’orthogénie de Tenon: les demandes et les délais d’attente de trois semaines ont  augmenté.

      « Dans le service, on se retrouve avec plus de personnes que de lits, soupire Anne Bonini, sage-femme. On n’a pas un nombre fixe de lits, on les attribue en fonction des besoins. Les femmes ayant subi une IVG médicamenteuse se retrouvent en salle d’attente car les chambres sont réservées aux IVG nécessitent une anesthésie.» «Cette situation est quotidienne » constate une autre infirmière. Avec 700 IVG par an, le service fonctionne. Mais la question de son maintien ne semble pas préoccuper la direction de l’hôpital. « L’IVG, on n’en parle pas! S’exclame Anne Bonini. On accueille tellement de femmes qu’on devrait penser à agrandir le service plutôt que de le fermer. Aujourd’hui, on s’inquiète pour l’avenir des femmes qui souhaitent avorter ». En Ile-de-France, l’offre d’IVG s’est réduite de 25%, au détriment de l’intérêt des patientes. 

       Autre témoignage: celui de deux femmes qui ont vécu une expérience difficile.  Mathilde, 24 ans, a subi un avortement il y deux ans dans un hôpital de province. Elle a été « révoltée » et même « horrifiée » par l’accueil à l’hôpital. Son expérience témoigne de  la fragilité de l’acquis de l’IVG, menacé par des restrictions budgétaires et un retour insidieux à l’ordre moral.  Tout commence sur Internet, dans les forums féminins vampirisés par les lobbies anti-avortement. « Ils essayent de dissuader celles qui viennent demander conseil pour avorter avec des réponses assez dures ».

       Mathilde, elle a pris sa décision. Le planning familial, puis deux semaines après, le jour de son intervention. La, surprise. L’ambiance est tout sauf rassurante. Peinture écaillée, sol dégoûtant, et surtout, personnel désinvesti, voire désagréable. « Ils étaient indifférents, avec l’air de penser que les femmes font ça avec désinvolture. » Comble du mépris, on place Mathilde dans une chambre d’où elle entend distinctement les cris des femmes qui accouchent.  Des minutes insupportables. « Un médecin s’est même permis de montrer l’échographie du foetus. Une image qui a profondément choqué mon compagnon. » Mathilde le sait :  son témoignage ressemble à d’autres, symboles de la difficulté de reconnaître l’IVG comme un acte médical classique. Pour preuve, en cas d’IVG, l’avortement est trois fois moins payé pour le praticien qu’en cas de fausse couche. Pas de quoi motiver une jeune génération de praticiens peu sensibilisés aux luttes de la loi Veil. 

       Elodie, elle, ne s’est pas rendue à l’hôpital. Mais elle a ressenti le même malaise quand elle est entrée dans le cabinet de sa gynécologue pour demander la pilule abortive. « Elle a été plus que limite. Quand elle a vu la nationalité de mon compagnon, j’ai même eu droit à un: « Et en plus c’est un étranger. » Odieux. Elle n’a m’a rien expliqué de cette pilule. Elle s’est juste contentée de me la donner avec un verre d’eau en me disant de revenir dans deux jours. Comme si c’était honteux! » Evidemment, ces témoignages ne valent pas généralité. Mais cette défiance larvée à l’égard de l’avortement ne peut qu’inquiéter. Surtout dans un contexte où le discours politique exalte la famille traditionnelle et reste indifférent à la fermeture de plusieurs unités d’IVG dans les hôpitaux publics. A Paris, trois centres ont du mettre la clé sous la porte (Tenon, Broussard et Jean-Rostand) alors qu’ils assuraient le quart des IVG d’Ile-de-France.  Professionnels et militants sont inquiets. «L’avortement, c’est la dernière roue du carrosse » tempête Christophe Prudhomme, (CGT) urgentiste à l’hôpital Avicennes où l’unité IVG est elle aussi menacée. « On profite des regroupements d’hôpitaux pour rogner sur les droits des femmes » résume Jean-Marie Sala (SUD santé-sociaux). Et de rappeler que ce service concerne des femmes issues de milieux défavorisés qui ne peuvent pas s’offrir de places en clinique. 

      Il convient de préciser le rôle des lobbies en Europe, continent où l’IVG est répandu, mais commence à être parfois remis en cause. Les féministes polonaises le rappelent: dans leur pays, l’avortement a été autorisé pendant 40 ans, puis interdit. Le désengagement de certains états européens n’est donc pas nouveau. On voit l’apparition de tels lobbies en Espagne, Italie, terres catholiques et sous influence de gouvernements conservateurs, comme Berlusconi en Italie, voire en France et en Belgique. Pour ces mouvements anti-IVG, ou pro-vie, le foetus est un être humain. 

Source : L’Humanité du 14.11.2009, récolté par Mathieu Belza.

aemf @ 16:46
Enregistré dans Articles relevés dans la presse
L’Interruption Volontaire de Grossesse – L’Humanité

Posté le Vendredi 15 janvier 2010

Rappels sur l’IVG 

1) définition L’IVG, interruption volontaire de grossesse, est l’expulsion provoquée du foetus. Elle peut être pratiquée à la demande d’une femme enceinte que son état place en situation de détresse. 

2) historique de la législation sur l’IVG

-1975: la loi Veil autorise l’IVG 

-1982: remboursement à 80% de l’IVG 

-1989: autorisation de la pilule abortive 

-2000: l’IVG est autorisée avant la 12 ème semaine de grossesse  (loi Aubry), soit 14 semaines après le début des dernières règles. La loi stipule que les mineures doivent obtenir le consentement d’un des parents. 

3) procédure pour l’IVG

La procédure pour l’IVG (formalités obligatoires) répond à des préoccupations administratives, psychologiques et médicales; elle se fait en plusieurs étapes :

- Une visite médicale qui se déroule en trois temps :

a) l’information: le médecin sollicité pour pratiquer l’IVG doit prévenir la femme enceinte des risques encourus et lui indiquer s’il accepte ou non de pratiquer cette intervention , car tout médecin a le droit de refuser de pratiquer une IVG. 

b) la remise du dossier guide qui comporte:   

- l’énumération des aides dont elle peut bénéficier à la liste des centres de planification familiale et des centres où sont pratiquées les IVG àle rappel des dispositions législatives  

- la remise d’une attestation médicale par le médecin  précisant qu’il a informé la femme enceinte des risques encourus et qu’il a remis le dossier-guide 

- un entretien(pour réflexion) : la femme souhaitant poursuivre sa démarche doit consulter un centre de conseil ou d’éducation familiale , ou un service social, en vue d’un entretien (obligatoire pour les mineures, facultatif pour les autres femmes.)  Lors de cet entretien avec un conseiller familial, elle est invitée à réfléchir sur les conséquences de son acte. 

4) les problèmes posés par l’IVG:  

-  chez les mineures, le nombre d’avortements répétés est en hausse. D’ailleurs , les femmes de moins de 25 ans représentent 40% des IVG pratiquées en France ; cela est dû au manque d’information de cette catégorie de la population(ainsi, 60% de la population féminine subissant une IVG ignorent  l’existence de la pilule du lendemain ou Norlevo , contraception d’urgence qui doit être prise le plus rapidement possible après un rapport sexuel),  au nombre insuffisant de centres de planification et d’éducation familiale. Ce qui entraîne une hausse des récidives d’avortement . 

-   les établissements médicaux spécialisés pour l’IVG sont en nombre insuffisant et la sécurité est parfois toute relative dans d’autres; certaines IVG sont pratiquées sans anesthésie. 

-  les problèmes d’éthique sont importants également à souligner. Trente ans après la loi Veil , le droit à l’avortement est toujours contesté , notamment pour motif religieux; pour certains croyants, de quelque confession que ce soit, pratiquer une IVG, c’est tuer un être humain. D’où la multiplication de commandos anti-IVG, et les tentatives de certains députés visant la suppression du remboursement de l’IVG. 

Source: l’Humanité du 14/11/2009, récolté par Mathieu Belza.

aemf @ 0:37
Enregistré dans Articles relevés dans la presse

Posté le Jeudi 24 décembre 2009

Toute l’équipe de l’Association d’Entraide et Mouvement des Femmes vous souhaite

de très belles fêtes de Noël

ainsi qu’une belle et militante année 2010.

 

 pere-noel

aemf @ 13:31
Enregistré dans Non classé
Emploi : des progrès chez les femmes – Républicain Lorrain

Posté le Mardi 22 décembre 2009

En moyenne, 7,4 % de la population était au chômage en 2009. Si certaines catégories de la population  peinent à retrouver du travail, les jeunes diplômées sont de moins en moins confrontées au chômage . 

Le chômage qui est très élevé avant 25 ans, a régressé en 2008 parmi les jeunes femmes diplômées.  Quelques données : 

1) L’érosion du CDI a continué (86,8% des salariés contre 87,6% en 2003) et la proportion de temps partiel s’est maintenue à 16% de salariés comme en 2003, dont une majorité de femmes (83%). Les femmes constituent les trois-quarts des personnes en sous-emploi, donc désireuses de travailler plus. 

2) La population active reste dynamique sous l’effet d’un accroissement démographique et d’un taux d’activité féminin en hausse.

Article tiré du Républicain Lorrain du 22 décembre 2009 par Mathieu Belza. 

aemf @ 21:32
Enregistré dans Articles relevés dans la presse
1...303132333435