La polémique Elisabeth Badinter dans Le journal du dimanche

Posté le Mardi 9 février 2010

Son livre n’est pas encore publié, mais il suscite déjà la polémique. Voici un entretien entre Marie-Christine Tabet et la philosophe et féministe Elisabeth Badinter.

Votre livre Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion), qui sort en librairie le 12 février, déchaîne déjà les passions. La pédiatre Edwige Antier considère que vous êtes une archéo féministe. Cette nouvelle croisade contre la tyrannie de la maternité n’est-elle pas un combat d’arrière-garde?
J’admire que l’on puisse juger d’un livre qui n’est pas encore en vente ! Je n’ai jamais parlé de la tyrannie de la maternité en général parce que ce serait absurde. En revanche, je m’élève contre l’émergence d’un modèle de mère idéale qui prône le retour à la maison durant les premières années de l’enfant. Ce que je dénonce dans ce livre, c’est la prédominance d’un discours naturaliste, qui remet au premier plan l’instinct maternel, appelé désormais pudiquement « fibre ». Ces mouvements qui nous prescrivent avec autorité l’allaitement long et à la demande sont dangereux car ils ne tiennent pas compte de l’ambivalence maternelle. Il n’y a plus de place non plus pour la diversification des choix féminins : je fais un enfant ou non, je lui donne le biberon ou le sein, je reprends le travail après le congé maternité ou non.

L’allaitement serait donc une idéologie politique dangereuse…

Ces sujets sont trop sérieux pour qu’on les caricature. Je ne suis absolument pas contre l’allaitement maternel. Je comprends fort bien que pour certaines cela constitue une expérience magnifique, un épanouissement, une jouissance même… Ce qui me gêne, c’est que l’on veuille faire de cette option personnelle un modèle pour toutes les femmes. C’est un raisonnement pernicieux. On nous explique d’abord que la nature ne ment pas, qu’elle est bonne et qu’il faut revenir aux fondamentaux. Les femmes sont considérées comme un bloc mû par un processus naturel, la prolactine, l’ocytocine… Il n’y a plus de place pour la liberté de choix. Toute la vie des femmes se déduit alors de ces impératifs naturels premiers.

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aemf @ 12:25
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« Parité : un stage de ménage réservé aux messieurs » Libération du 21 janvier 2010

Posté le Jeudi 4 février 2010

Leçon numéro 1 : branchez le fer à repasser.

Henri, webmaster de 25 ans, en couple, est spécialiste des <> et de pas grand chose d’autre. Sébastien, gérant d’une agence immobilière, deux enfants, se vante d’être <
> pour tout faire rentrer dans le lave vaisselle. Apparemment, c’est sa seule contribution aux tâches ménagères. Alain, peintre en bâtiment, dit qu’il ne trouve pas le ménage <> mais <>. Il ajoute : <>

Tradition. Ils sont une dizaine. Pour eux, le ménage est une obligation. <> souligne un dernier. De bonne volonté, ils participaient hier à une formation intitulée <>. Julien, un entrepreneur Internet de 31 ans, y a été poussé par sa femme : <>. Au programme, repassage chronométré, lessivage du sol et nettoyage des vitres. Dans les règles de l’Art. Parmi eux, un seul <> autoproclamé. <>.

Chez François, qui a un enfant de deux ans, <>. Autrement dit : sa femme en faisait beaucoup plus … avant qu’ils ne prennent une femme de ménage. Voilà ces messieurs qui écoutent religieusement un cours magistral sur <> (détartrage, dégraissage, désinfection). Le <> et la méthode de <>. Tout cela ne dit rien à personne. ça vole haut, c’est pro. Certains opinent du chef, d’autres prennent des notes. Personne ne donne l’impression de perdre son temps. Les coups d’oeil discrets au téléphone portable sont remis à plus tard. A la fin de la présentation, Alain entrevoit une lueur d’espoir : <>

Compétition. Affublés d’un petit tablier, ils vont à l’atelier de repassage.  <>, plaisante un responsable de Bien Servi, organisme de prestation de ménage à domicile qui, en présentant cette formation exceptionnelle, réservée aux hommes, s’offre un coup de pub. Il fait allusion à la une de Libération du 3 décembre, qui rappelait que les femmes assument, chaque année, 680 heures de travail domestique de plus que les hommes. Il insiste : <>.

Pas de blocage pour laver la salle de bain ou la cuisine. Le partage des tâches dans son couple est essentiel à l’équilibre, il faut dire que sa femme, avocate, <> Fer à repasser à la main, ils s’exercent sur des chemises froissées. Ils s’inspectent mutuellement. Dans la compétition ménagère, il y a quelque chose de viril qui leur plait. Jean Michel contemple sa chemise inpeccablement pliée. Il sourit : <>.

Libération du 21 janvier 2010, Charlotte Rotman, relevé par Florence Lhote.

aemf @ 23:26
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Nouveau café débat, le 13 février

Posté le Vendredi 29 janvier 2010

 

Après La parité en politique et Le partage des taches ménagères au sein du couple, on remet ça !

Nous organisons un nouveau café débat avec pour thème Les femmes et le syndicalisme.

Discutons en ensemble, autour de Janine Olmi, auteur de La parité syndicale, docteur en sciences politiques et ancienne syndicaliste,

et

Elisabeth Jodin, responsable académique du syndicat SNEC-CFTC et membre du Conseil Economique et Social de Lorraine.

 

Quand ? Le samedi 13 février 2010 à 16h

Où ? Au café Jehanne d’Arc à Metz (près des Trinitaires).

 

 Nouveau café débat, le 13 février dans Annonces de nos actions 20080109PHOWWW00310

aemf @ 14:53
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La « prostitution étudiante » ? Une invention très médiatique

Posté le Mardi 26 janvier 2010

       S’il est un opportunisme grandissant dans notre société, c’est bien cette tendance à vouloir dénoncer les « tabous », au nombre desquels est censé figurer la « prostitution étudiante ». Un documentaire intitulé « Mes chères études » écrit et réalisé par Emmanuelle Bercot, a été diffusé sur Canal + lundi dernier et évoquait à nouveau le thème, après un matraquage publicitaire deux ans plus tôt, accompagnant fort opportunément la parution d’un récit dit « vrai » et d’une étude pseudo-sociologique sur le sujet…

      Ah il faut dire que le phénomène est rentable et part d’une réalité avérée ! Tout le monde sait bien que les étudiantes, à la sortie de leurs cours, sont contraintes de se faire culbuter pour une poignée d’euros… Que voulez-vous qu’elles fassent d’autre ? Il faut bien remplir le réfrigérateur et payer les factures… Ce qu’il y a de pratique avec les clichés, c’est la simplification qu’ils offrent. Dans le cas de la « prostitution étudiante », non content de se trouver dans le vrai fantasme de film porno, on affole la machine masculine.  Décryptage.

         La « prostitution étudiante » est un cliché, au même titre que celui de la secrétaire sexy, de l’infirmière insatiable, de la bourgeoise coincée… Il n’est pas interdit de rêver, ni même de fantasmer mais ce qui pose problème dans l’usage inapproprié de ce terme, c’est sa dévalorisation intrinsèque de l’image de la femme. On joue sur un cliché fondamentalement machiste. Plutôt que de travailler (Est-ce qu’on parle des nombreuses étudiantes et étudiants qui travaillent au Mc Do pour financer leurs études ?), la femme baisse son pantalon (ou celui de l’homme). L’idée de « contrainte » est encore plus pernicieuse. Avec le refrain « elle y est contrainte pour payer ses études », on veut associer des idées contradictoires pour créer une image fantasmatique. Transposons l’idée au masculin : « Cet étudiant est contraint de voler ses pairs et de monter des arnaques car il veut réussir ses études »… Cela devient ridicule. D’un genre à l’autre, les propos s’annulent.

          Le deuxième aspect problématique dans l’image de « la prostitution étudiante » est la négation de la liberté de la femme. Au XXI ème siècle, les femmes (françaises) ont appris à s’émanciper. Il y a encore beaucoup à faire, c’est indéniable. Mais pourquoi ne pas leur reconnaitre et leur laisser le contrôle de leur sexualité ? Pourquoi seraient-elles contraintes de faire quelque chose qui ne leur plait pas ? C’est cette liberté de choix qu’on veut leur retirer, en actionnant un cliché vieux comme le monde.

          Car il ne s’agit en aucune façon de nier que certaines femmes se trouvent (bien malheureusement) encore aujourd’hui contraintes par des tiers, à recourir à la prostitution. C’est y accoler sa charge de misérabilisme social étudiant qui fait bondir. En ce cas, on ne peut pas parler de « prostitution étudiante » mais de femmes qui ont commencé des études et qui sont devenues des prostituées. Une femme a toujours le choix de ce qu’elle fait ou ne fait pas. En revanche, l’association de ces deux termes se révèle être une véritable invention machiste.

          F.L - Présidente-fondatrice de l’AEMF

aemf @ 16:38
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Les mariages forcés – Le Républicain Lorrain

Posté le Vendredi 22 janvier 2010

    Chaque année, des jeunes filles sont victimes de mariages forcés. Difficile à chiffrer , le phénomène est bien réel. On appelle mariage forcé toute union -civile, religieuse ou coutumière- dans laquelle l’un des conjoints se marie contre son gré sous la pression de l’entourage. En France, pour pouvoir se marier, les futurs époux doivent avoir 18 ans au minimum. Le consentement doit être mutuel, libre et volontaire. Seul le mariage civil est légal. Avant, pendant ou après une union forcée, les victimes peuvent être aidées en se confiant soit à la gendarmerie, soit à une association, un professeur , une assistante sociale, un éducateur… Pour les mineurs, la loi prévoit un soutien matériel (hébergement à l’abri de la famille), éducatif et psychologique.                                          

    A Uckange, le groupe de travail contre les violences faites aux femmes dénonce ces situations. Elle a vingt ans, elle est très belle et a le sourire de ceux qui ont connu des tragédies. A dix-sept ans, elle a été « vendue comme un paquet », victime d’un mariage forcé. Après plusieurs fugues, des violences, puis des mois de sexualité imposée par son « mari », elle finira par s’enfuir, trouvant refuge auprès d’une association. 

    L’histoire de cette jeune femme uckangeoise, originaire de l’Europe de l’Est, a ému un gendarme. « Pour la première fois l’an passé, nous avons été confronté à plusieurs incidents de ce type » rapporte l’adjudant-chef Francis Frénot, référent violences conjugales et intra-familiales pour la compagnie de Thionville. D’où sa volonté d’engager, en 2010, des actions de prévention accrues et d’informations.  Mariages forcés ou arrangés, le Haut conseil à l’intégration évalue à 70 000 le nombre d’adolescentes concernées chaque année en France, mais le phénomène reste difficile à appréhender. « C’est une réalité de terrain, même si l’on ne peut mettre un visage ou un nom sur celles qui la subissent », relève Aline Leleux, principale au collège Jean-Moulin à Uckange. Partie prenante d’un groupe de travail contre les violences faites aux femmes, les enseignants de l’établissement sont confrontés au problème. Un professeur d’histoire s’avoue marqué par la réflexion d’une élève qui réalise que si elle se marie, la dot sauvera les finances familiales! » On entend des histoires de fiançailles arrangées. Les négociations démarrent quand les filles ont 14 ou 15 ans… » 

   Au-delà des rumeurs, « ce qui nous permet de dire que ça existe, ce sont celles qui se sont révoltées » reprend la principale. Une révolte encore rare et qu’il faut savoir décrypter. Les plus rebelles n’ont qu’une alternative: tout faire pour ne plus être mariables » explique l’adjudant Fenot. » Quand elles comprennent ce trame leur famille, elles vont devenir injurieuses, s’alcooliser, développer des idées suicidaires… » L’officier relate encore l’exemple d’une bonne élève, déscolarisée du jour au lendemain et signalée comme fugueuse. En réalité mariée entre-temps. On ne peut se contenter de lutter contre les violences physiques. Le mariage forcé est  aussi une forme de violence qui concerne les plus jeunes » insiste le gendarme. Mais ces situations sont toujours complexes. L’union arrangée finit parfois par être acceptée tant le poids des coutumes et de la communauté familiale est lourd. « Le mot n’est d’ailleurs jamais prononcé par les victimes », explique Marjorie Dardar, permanente pour l’association thionvilloise d’aide aux victimes(Atav).  Pourtant, si ces femmes acceptent de dénoncer la situation, des solutions existent. Dès qu’elles ont connaissance du problème, les autorités peuvent proposer un hébergement loin de la famille. Une solution dont a bénéficié la jeune fille qui, l’an passé avait tant ému l’adjudant-chef  Fenot. « Elle s’en est sortie malgré tout et contre tous. » 

   Source : le Républicain Lorrain, relevé par Mathieu Belza.

aemf @ 0:56
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