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Archive pour la catégorie « Non classé »

Lettre ouverte aux syndicats pour les retraites des femmes

Lettre ouverte à

Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT

Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC

Philippe Louis, président confédéral de la CFTC

 

Ne signez pas l’accord sur les retraites complémentaires !

Vos organisations défendent les intérêts des salarié-e-s, femmes et hommes, et se sont toujours déclarées attachées à faire de l’égalité professionnelle une réalité. Or vous vous apprêtez à signer un accord sur les retraites complémentaires Agirc et Arrco qui, s’il était mis en oeuvre, aboutirait à pénaliser encore plus fortement les femmes.

 

Le projet d’accord prévoit que sur les 6 milliards de financement nécessaires, l’essentiel (environ 90 %) sera supporté par les salarié-e-s et les retraité-e-s.

Or, les sacrifices que vous leur imposez seront particulièrement discriminants pour les femmes. Comme vous le savez, malgré 8 lois successives, les femmes en France gagnent toujours 27% de moins que les hommes, tout temps de travail confondu. Or qui dit inégalités salariales, dit faibles pensions de retraites : les femmes ont ainsi des pensions inférieures de 40% à celles des hommes. Elles ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes que les hommes, elles partent en retraite en moyenne plus tard que les hommes (à 62,5 ans dans le régime de base contre 61,9 ans pour les hommes). Toute augmentation de la durée de cotisation exigée pour avoir une pension à taux plein les pénalise donc plus fortement.

De même, la décision de reconduire la sous-indexation des pensions pour trois ans encore va toucher plus gravement les femmes retraitées dont la pension s’élève en moyenne à 951 euros bruts par mois (1654 euros pour les hommes). Les femmes handicapées seront encore plus pénalisées. Car elles ont souvent eu une carrière hachée et des emplois à temps partiel. Leurs retraites seront donc très réduites.

 

Les chiffrages des caisses AGIRC-ARRCO démontrent que réaliser l’égalité salariale en une décennie permettrait d’effacer tout déficit à l’ARRCO jusqu’en 2040 et de réduire de 46 % le déficit de l’AGIRC. Certains syndicats ont donc proposé d’instaurer une cotisation temporaire pour toutes les entreprises dans lesquelles l’égalité F/H n’était pas effective, de façon à inciter fortement aux comportements vertueux, et à dégager des ressources supplémentaires pour les régimes.

Ainsi, sur les 6,1 milliards de financements  prévus dans le projet d’accord, 5,7 5,35 milliards sont supportés par les salariés et retraités,300 780 millions par le patronat, dont pour lesquels vous avez aussitôt obtenu du Gouvernement l’engagement d’une compensation.  Les femmes, elles, n’auront pas cette chance ! Aussi, nous vous demandons de rester fidèles aux valeurs que vous portez. Vous pouvez agir pour faire de l’égalité salariale une réalité, Nous comptons sur vous !

Signataires

  • Féministes en Mouvements

  • Femmes pour le dire femmes pour agir

  • Mémoire Traumatique et Victimologie

  • Libres MarianneS,

  • Osez le féminisme !

  • Forum Femmes Méditerranée

  • Adéquations

  • Mouvement Français pour le Planning Familial

  • Réseau féministe “Ruptures”

  • Femmes solidaires

  • Ligue du Droit International des Femmes

  • AEMF

  • FIT une femme un toit

  • Réussir l’égalité femmes-hommes)

  • Les Effronté-e-s

  • Fondation Copernic

  • Collectif National pour les Droits des Femmes


De nouvelles inquiétudes pour les retraites des femmes !

Retraites complémentaires : les femmes à nouveau oubliées

 

27 octobre 2015

L’ accord conclu le 16 octobre dernier va à l’encontre de l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes, quoi qu’en disent ses partisans.

 

Un accord de principe sur les retraites complémentaires Agirc et Arrco a été conclu le 16 octobre dernier entre le patronat et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC). Une économie annuelle de 6 milliards d’euros devrait ainsi être dégagée en 2020… économie qui pèse quasi exclusivement sur les salarié-es et les retraité-es (à environ 90 %). Les mesures principales en sont le recul de la date annuelle de revalorisation des pensions, leur sous-indexation (revalorisation inférieure à l’inflation), la baisse des droits futurs des salarié-es et un système d’abattement et de bonus sur la pension complémentaire. Alors que ces pensions ont déjà été fortement dégradées par les précédents accords, celui qui vient d’être conclu va encore aggraver la tendance.

De plus, les négociateurs n’ont certainement pas pris toute la mesure des conséquences sur les femmes. En particulier, le système d’abattement qui est instauré aboutit à allonger d’un an la durée de cotisation exigée pour toucher sa pension (base et complémentaire) sans subir de décote. Par exemple, une personne qui souhaite partir en retraite à l’âge légal (62 ans) et qui a la durée de cotisation exigée se verra néanmoins appliquer un abattement de 10 % sur sa pension complémentaire. Et ceci pendant trois ans. Pour ne pas subir l’abattement, elle devra rester en emploi un an de plus, jusqu’à 63 ans.

On le sait, toute augmentation de la durée de cotisation pénalise davantage les femmes car elles ont encore aujourd’hui des carrières en moyenne plus courtes. Elles risquent donc plus souvent de voir leur pension amputée par cet abattement. Or celle-ci est déjà bien plus faible que celle des hommes. En 2014 par exemple, la pension moyenne de l’Agirc servie aux femmes ne représente que 40,2 % de celle des hommes. À l’Arrco, les femmes liquident leur retraite 8 mois plus tard que les hommes. La part de femmes subissant déjà une décote sur leur pension de base est supérieure à celle des hommes, et leur décote est en moyenne plus forte… Et elles devront donc bientôt subir également un abattement de 10 % sur leur pension complémentaire ? Ou prolonger leur activité d’un an, alors que dans de nombreux métiers, en particulier à dominante féminine (infirmières, aides-soignantes, etc.) les personnes arrivent déjà aujourd’hui épuisées à l’âge de la retraite ?

L’accord prévoit certes un abattement réduit à 5 %, voire nul, pour les retraités soumis respectivement au taux réduit, ou nul, de CSG. Les partisans de l’accord soulignent que les pensions modestes, et donc les femmes, seront ainsi épargnées. Aucun retraité partant avec moins de 1100 euros ne sera concerné par un abattement, affirme la CFDT. Qu’en est-il vraiment ? Le critère d’application d’une CSG à taux nul ou réduit sur la pension se base sur le revenu fiscal de référence (RFR) : par exemple, le taux nul de CSG est appliqué pour un RFR inférieur à 10 633 euros pour une personne seule et à 16 311 euros pour un couple. Ce qui correspond, pour une personne, à un niveau maximum de pension de 985 euros1. Une personne dont la pension est de 1100 euros sera donc bel et bien être concernée par un abattement, qui sera en l’occurrence de 5% ! L’abattement potentiel de 10 % concernera les pensions supérieures à 1 287 euros.

L’application d’un critère basé sur le revenu fiscal de référence pose un problème récurrent. En effet, les couples mariés ou pacsés étant imposés de manière conjointe, le revenu fiscal de référence est celui du couple, donc identique pour chacun des deux conjoints quel que soit le niveau respectif de leur revenu. Or dans la grande majorité des cas, la femme a un revenu, salaire ou pension, inférieur à celui de son conjoint. Ainsi, même dans les cas où le niveau de sa pension la rend éligible au taux nul de CSG – et donc devrait l’exonérer de tout abattement - elle risque fort de se voir concernée par l’abattement de 10 % ou de 5 % du fait d’un revenu plus élevé de son conjoint qui fait passer le RFR du couple au-dessus du seuil d’exonération. Donnons un exemple. Si une femme a une pension de 750 euros – plus que modeste donc – qui devrait l’exclure de tout abattement potentiel, elle sera concernée par l’abattement de 10 % dès que son conjoint a un revenu supérieur à 1225 euros. Ce qui ne le classe pourtant pas parmi les personnes aisées. Il semble que ce problème de seuil variable en fonction du revenu du conjoint n’ait pas été pris en compte. Oubli au détriment de nombreuses femmes…

Cet accord va à l’encontre de l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes, quoi qu’en disent ses partisans. Des solutions justes existent pourtant pour financer les retraites. L’axe central inclut la réduction du chômage, l’amélioration des salaires mais aussi la lutte contre le temps partiel subi par les femmes et la réalisation de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Rappelons qu’une étude de 2010 de la Caisse nationale d’assurance vieillesse avait montré qu’une égalisation par le haut des salaires entre les femmes et les hommes, qui serait atteinte en 2023 dans la simulation, permettrait de faire entrer 11 milliards d’euros de cotisation pour la seule retraite de base. De quoi inciter à secouer la résignation ambiante qui semble accepter comme inéluctables les inégalités entre les femmes et les hommes. Ou qui fait semblant de préserver les femmes avec de tels accords !

Christiane Marty est co-auteure de Retraites : l’alternative cachée, Syllepse, 2013.



L’AEMF vous présente ses meilleurs voeux 2015 !

L’AEMF, Association Entraide et Mouvement des Femmes, a le plaisir de vous présenter ses meilleurs vœux pour l’année 2015.

Restons mobilisés !



Etre mère : les prochaines Journées de la Cause Freudienne

Les 44 èmes Journées de l’Ecole de la Cause Freudienne se dérouleront les 15 et 16 novembre prochain à Paris. Elles ont pour thème : « Etre mère », fantasmes de maternité en psychanalyse.

Un thème et des entretiens avec des femmes politiques ( Catherine Trautmann, Nathalie Griesbeck…) pour préparer à cette réflexion. Retrouvez ci-dessous l’interview de Florence Lhote, réalisée par Isabelle Galland et Thierry Nussberger :

 

« Être mère est éminemment politique »

 Florence Lhote 2

Florence Lhote, femme politique, s’est présentée comme tête de liste des « Féministes Pour une Europe Solidaire » de la région Est, lors des élections européennes de juin 2014. Ce mouvement milite pour le droit des femmes en s’appuyant principalement sur la parité homme-femme. Elle est chargée d’enseignement à l’université de Lorraine et est écrivaine.

Que dit votre mouvement à propos de la question d’être mère ?

Nous sommes dans une ouverture, dans la question du choix. Nous voulons que les femmes puissent être mères comme elles le souhaitent et quand elles le souhaitent. Il n’y a pas pour nous un modèle de mère, mais plusieurs façons de l’être. La société doit s’enrichir de cette diversité. Il n’y a ni à ériger en dogme un modèle de parentalité ni à opposer les choix des uns à ceux des autres. Au fond, être mère est toujours quelque chose d’éminemment personnel et politique.

Nous avons fait le constat d’une régression autour de ces questions de parentalité en Europe et notamment sur l’adoption. Notre mouvement souhaite cette coexistence de plusieurs modèles en autorisant l’adoption à des couples homosexuels par exemple, ce qui n’est pour l’instant pas le cas. Il y a encore de multiples résistances à ce changement dans la façon de concevoir la famille.

Les médias parlent davantage de féminisme ces dernières années. Cela est positif, même si cette étiquette est très générale et regroupe en réalité divers aspects des mouvements d’émancipation pour les femmes et l’égalité. Si les Femen, par exemple, ont eu le mérite d’attirer l’attention sur ces questions, nous nous situons dans une autre logique : celle de la construction de la société de demain par une expertise au regard de l’égalité femmes / hommes et de propositions concrètes. Nous nous inscrivons dans un enjeu de société.

Que pensez-vous de ceux qui s’opposent à l’adoption – ou à l’ouverture de l’Aide médicale à la procréation – pour les homosexuels en argumentant qu’un enfant a besoin d’un père et d’une mère ?

C’est l’idée de l’évidence du naturalisme : il faut un père et une mère pour un enfant. Nous pensons qu’au XXIe siècle il peut y avoir une coexistence de plusieurs modèles et non plus des places déterminées assignées aux hommes et aux femmes.

À propos de la gestation pour autrui, cela soulève de nombreuses questions éthiques et morales, notamment celle de la marchandisation du corps des femmes. L’argent ne doit en aucun cas s’immiscer dans cela. Cette question, délicate, mérite une attention soutenue et ce dans un souci d’égalité. Sinon, des femmes en grande difficulté financière pourraient être tentées d’y avoir recours et cela introduirait un biais dangereux pour l’enfant, la mère et ceux qui se destinent à l’élever, les parents d’adoption.

Pensez-vous que l’idée de mère a changé au XXIe siècle ?

Aujourd’hui, on observe une sacralisation de la mère ; on souhaite lui assigner une certaine place. Notre mouvement observe un retour en arrière : l’idée est de faire revenir les femmes à la maison. Les femmes elles-mêmes peuvent parfois intérioriser ces discours. Il y a un tel écart au niveau des salaires entre hommes et femmes dans certains secteurs et une telle difficulté à accéder à des postes à responsabilités que la situation de l’emploi pour les femmes n’est pas forcément évidente. Au fond, est-ce que la société nous donne vraiment la possibilité de nous épanouir en travaillant tout en étant mère ? Cela n’est pas si simple.

On a vu lors des dernières élections européennes un désinvestissement des jeunes pour les urnes. Certaines jeunes femmes ont peut-être le sentiment que beaucoup de choses ont été réalisées ces cinquante dernières années et ne perçoivent pas la menace qui pèse actuellement sur ces acquis. Mais les acquis se défendent chaque jour. Peut-être que ce retour en arrière, dont on parlait tout à l’heure, est aussi dû à un manque de conscience citoyenne, à un désinvestissement du champ du politique. Ce désinvestissement s’explique aussi par le manque de confiance des Français vis-à-vis de leurs représentants politiques. C’est pour cela qu’il faut une troisième voie, citoyenne, ouverte et qui donne à nouveau espoir et confiance.

Que vous inspire le thème de ces Journées de l’ECF, Être mère ?

La psychanalyse est une valeur importante pour mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons. Cela permet de se situer et de réfléchir sur soi. Dans l’idée de maternité la psychanalyse est fondamentale. Souvent, on croit investir un désir de maternité alors que d’autres l’investissent à notre place. Ce sont ces chaînes qu’aide à défaire la psychanalyse. Et puis avant d’être mère, c’est bien de savoir qui on est, d’avoir le sentiment de s’être accompli. La psychanalyse contribue à cette meilleure connaissance de soi. Je pense qu’on est meilleur parent quand on se connaît soi-même.

Le fait de devenir mère me semble plus une construction qu’un instinct maternel – au même titre que pour les hommes. L’instinct maternel a été inventé pour faire régner l’ordre social. Dans le même temps, cela crée des inégalités. Proposer un congé parental obligatoire pour les hommes comme pour les femmes permet de rééquilibrer ce rapport à l’enfant. C’est une façon de ne discriminer ni l’homme ni la femme face au travail comme c’est le cas dans la plupart des pays du Nord, très en avance sur nous pour l’égalité.

Propos recueillis par Isabelle Galland et Thierry Nussberger

http://www.journeesecf.fr/



Journée d’Etude Droit et Féminisme le 26 septembre

Johanna Noel et Pascaline Motsch, chercheuses, organisent le 26 septembre prochain à Nancy une Journée d’Etude intitulée « Féminisme et Droit public ». Cette Journée sera l’occasion de réfléchir « à la manière d’articuler ces deux thématiques: au cœur des théories et des mobilisations féministes, le droit est pensé dialectiquement comme un instrument d’oppression et de domination des femmes dans les sociétés politiques patriarcales mais aussi comme le levier imparable de leur émancipation ».

La première demie-journée sera consacrée à la réception jurisprudentielle des théories féministes du droit, sous la direction de Nathalie Deffains. La seconde demie-journée à la réception factuelle des théories féministes du droit sous la direction de Mélanie Dubuy.

Journée d’Etude « Droit et Féminisme », 26 septembre de 9h à 17h, Salle des Assemblées, Université Nancy 2



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