TENNIS – Après les déclarations de Gilles Simon se plaignant de la parité des dotations… – Vingtminutes

Posté le 29 juin 2012

Gilles Simon est visiblement plus offensif comme syndicaliste que comme joueur. Fraîchement élu comme représentants de ses collègues à l’ATP, le Français a réclamé des primes moins importantes pour les filles que pour les garçons: «L’égalité des salaires, ce n’est pas un truc qui marche dans le sport», assure-t-il. Repris de volée par Marion Bartoli, le 13e mondial a au moins eu le mérite de lancer le débat. Que 20 Minutes prolonge avec des acteurs du circuit.

Jean-François Caujolle, organisateur du tournoi de Marseille

«Est-ce qu’on aborderait le sujet si on était dans une époque avec Hewitt ou Ferrero chez les hommes et Chris Evert ou Steffi Graf chez les femmes? Sur les Grand Chelem, la parité me gêne un peu. Parce que les efforts quand on est au meilleur des cinq sets ne sont pas les mêmes que pour ceux en trois sets. Cette parité dont on parle, ce n’est pas celle de l’Assemblée nationale, où hommes et femmes peuvent défendre les mêmes projets avec la même efficacité. Chez les filles, les demi-finales du jeudi ou la finale du samedi se vendent moins bien, même au marché noir. Pour moi, la méthode égalitaire, ce n’est pas de mettre hommes et femmes en même temps. Le circuit féminin s’auto-génère, il a sa propre économie. Et dans ce cadre-là, ça ne me dérangerait pas que les femmes gagnent plus si elles dégagent plus de revenus.» 

Frédéric Fontang, coach de Caroline Garcia et ancien coach de Jérémy Chardy

«En venant des deux milieux, je trouve que c’est important de ne pas revenir sur la parité parce qu’il y a moins de gains chez les femmes d’une façon générale. C’est important qu’il y ait ce rééquilibrage au moins sur les Grands Chelem. Dans le tennis féminin, il faut vraiment être dans les 30 premières pour bien gagner sa vie, payer un entraîneur. Alors que chez les garçons, quand on est dans les 50 premiers, c’est déjà conséquent. Et ce serait dommage de s’arrêter au format des matchs (deux sets gagnants chez les filles. Trois chez les hommes). Jérémy Chardy s’entraînait moins que Caroline Garcia en termes d’horaires journaliers. Après, même si le tennis féminin a progressé, l’argument selon lequel le tennis masculin draine plus de sponsors est valable. Mais il y a des spectateurs qui aiment bien le jeu féminin. Avoir cette variété, c’est intéressant.»

Nathalie Tauziat, ancienne joueuse, ex-3e mondiale

«C’est marrant, ce genre d’affaire sort toujours pendant Wimbledon. Ça me fait marrer. La polémique est là depuis bien longtemps. J’ai tellement entendu de bêtises par rapport à tout ça, avant Gilles Simon. Aujourd’hui, les filles méritent amplement ce qu’elles gagnent. Ce serait dommage de revenir en arrière. J’espère que Gilles a autre chose à penser que ça. Il y aura toujours des garçons pas satisfaits de la parité. S’ils disent qu’ils jouent plus longtemps, et bien ils n’ont qu’à jouer en trois sets eux aussi. Est-ce que ça ne les ennuie pas de jouer en cinq sets? Je vous ai amené une solution là. Il ne faut pas comparer. Dans les finales de Grands chelem, les femmes remplissent autant les tribunes que les hommes. Et sur certains tournois, comme Rome ou Madrid, même les garçons ne remplissent pas les tribunes. On passerait aussi moins de temps qu’eux sur le court. Mais un jour j’ai passé 4h17 sur un court. Je ne suis pas allée me plaindre.»

Romain Scotto et Antoine Maes, vingtminutes.fr - merci Marie-Anne

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