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25 novembre 2010 : Première journée de lutte contre les violences faites aux femmes

Posté le 25 November 2010

On croyait ce phénomène moindre dans nos sociétés modernes … pourtant, en 2009, le chiffre des femmes battues ou violées a explosé. Vingt mille femmes de plus qu’en 2008 ont déclaré avoir subi des violences, soit 654000 victimes en tout, la moitié ayant subi cela au sein même de leur foyer. Et 140 d’entre elles ont trouvé la mort sous leurs coups. Ce qui représente une femme tuée tous les deux jours et demi.

C’est pourquoi la lutte contre les violences faites aux femme a été déclarée “cause nationale 2010″ par le gouvernement.

Retour sur les mesures prises cette année …

Le 9 juillet, une loi a été promulguée pour commencer le combat, et la première action a été de sacrer le 25 novembre de chaque année Journée nationale de sensibilisation contre les violences faites aux femmes, même date que celle qui avait été choisie à l’international par l’ONU.

Des spots télévisés et des messages radio ont été diffusés sur les grandes chaînes tout au long de l’année.

 

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Le 5 octobre, un décret protège les femmes qui fuient leur foyer à cause de violences et leur donne droit à une protection avant même qu’elles aient porté plainte, mesure qui est la bienvenue, car jusqu’ici, une femme battue par son conjoint devait continuer à vivre sous le même toît que lui jusqu’à une décision de justice, qui pouvait mettre des mois, voire des années à arriver … ce dispositif d’urgence prévoit aussi l’attribution d’un nouveau logement, dont l’adresse sera dissimulée s’il en est besoin, l’exercice de l’autorité parentale, une contribution financière aux charges du divorce, …

Et enfin, cette semaine, le Collectif national pour les droits des femmes a créé un comité de vigilance de la loi de juillet 2010, composé d’avocats, de parlementaires et d’associations, qui sera chargé de veiller au bon fonctionnement des mesures et à leur respect.

 

Quelques actions aujourd’hui …

Comme nous l’avions annoncé hier sur le blog, l’association Ni putes ni soumises lance l’opération “En jupe et pas soumises” et appelle les femmes à porter une jupe envers et contre tout aujourd’hui. 147 000 d’entre elles ont répondu présentes sur la page créée spécialement pour l’occasion sur Facebook.

 

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Une mise en enchères de jupes portées par des femmes connues (Carole Bouquet, Claire Chazal, Sophie Marceau, Audrey Pulvar, Elisabeth Badinter, Amélie Nothomb ou encore Zazie) est organisée à Paris pour financer le loyer d’appartements-relais pour les femmes qui doivent fuir leur foyer à cause de violences.

Une campagne contre le viol a également été lancée sous le slogan “La honte doit changer de camp”, accompagnée d’un site de renseignements (www.contreleviol.fr), d’une pétition à signer pour que les victimes soient mieux protégées et reconnues (sur le même site) et de trois spots télévisés. Une lutte qui n’est pas moindre puisque selon les associations Osez le féminisme !, Collectif féministe contre le viol et Mix-Cités, 200 femmes en moyenne sont violées chaque jour, soit 73 000 par an ; il s’agit dans huit cas sur dix d’hommes qu’elles connaissent et ceux ci ne sont que rarement condamnés. On pense de plus que seulement une femme violée sur dix porte plainte !

 

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Je conseille enfin l’émission de radio de Michel Field qui a été diffusée hier, où ce thème est développé autour de Isabelle Fromont, auteur de Moi, femme battue chez Alphée, Françoise Brié, vice-présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes, Docteur Gilles Lazimi, médecin, directeur du centre municipal de santé de Romainville et administrateur de l’association SOS femmes de Seine Saint Denis et Pascale Chami, psychologue clinicienne, intervenante sur le stress à l’université Paris V, et sur le traumatisme au CHU de Saint-Antoine. Une émission très instructive sur le pourquoi de ces violences dans les deux camps : pourquoi peut-on rester avec un homme violent ? Que ressent-on et comment s’en sortir ? Ré écoutable ici.

 

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Tout cela peut sembler bien peu, surtout que le Collectif national pour les droits des femmes déclare avoir peur d’être freiné par le peu de moyens donnés par le gouvernement pour mener à bien la loi de juillet. Mais c’est déjà une grande avancée pour celles qui jusqu’ici souffraient en silence et la plupart du temps dans la culpabilité et l’indifférence totale.

Rappellons à nouveau que si vous êtes victime ou témoin de violences, vous pouvez composer gratuitement le 39 19.

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