L’irrésistible inégalité salariale

Posté le 6 octobre 2010

C’est le point noir des retraites des femmes : leur plus faible rénumération par rapport aux hommes. Pourquoi ? Parce que le niveau de pension en fin de carrière dépend du nombre d’années validées, mais aussi du niveau de rénumération moyen durant la carrière. Plus exactement de leur vingt cinq meilleures années sur le privé. Discriminer les femmes sur les salaires durant leur vie professionnelle revient donc à les pénaliser une seconde fois au moment de calculer leur retraite. Or, rien dans ce domaine ne permet d’être optimiste. Après s’être fortement réduits pendant quinze ans, les écarts de rénumération entre hommes et femmes ne baissent plus depuis le milieu des années 90. De 35% en 1975 pour un temps complet dans le secteur privé, la différence de revenus à été ramenée à 20%. Même dans le secteur public, où les salaires sont pourtant plus encadrés , elle est encore de 14% (en temps plein mensuel).

Des écarts dus en partie aux différences de déroulement de carrières et à une plus grande proportion de temps partiels chez les femmes, mais pas seulement. Car même après une prise en compte des caractéristiques socioprofessionelles, il reste toujours un écart, compris selon les études entre 7 et 10%. Et qui s’explique principalement par la discrimination. Connu depuis longtemps, ce phénomène a fait l’objet de plusieurs textes, dont les effets attendus n’ont pas vraiment été au rendez vous. Le projet de loi sur les retraites a décidé, lui aussi, de s’y attaquer. D’ici le 1er janvier 2012, toute entreprise qui n’aura pas mis en place un plan de réduction des inégalités salariales devra s’acquitter d’une pénalité pouvant atteindre 1% de sa masse salariale. Reste à voir si ce dispositif sera plus efficace que les précédents.

Luc Peillon, Libération, 22 septembre 2010, proposé par Florence.

21% : c’est le pourcentage de femmes qui, en 2009, ont attendu l’âge de 65 ans pour liquider leur retraite (contre 13% des hommes). L.P, Libération.

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