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Archive pour October 2010

Des statistiques étonnantes …

Depuis les années 1960 qu’existent les sondages sur la sexualité, on s’interroge à propos de la différence affichée entre hommes et femmes dans leurs réponses. Les premiers, qu’ils parlent du nombre de partenaires ou de fréquences des rapports, énoncent des chiffres systématiquement supérieurs aux secondes. On a longtemps accusé les hommes de forfanterie ou de mémoire approximative.

En 2003, une enquête américaine (dans The Journal of Sex Research, février 2003) ouvrait d’autres pistes. Des jeunes femmes, de 18 à 25 ans, interrogées sur leurs partenaires, se sont vues divisées en trois groupes. Le premier répondait face à face avec l’enquêteur, le deuxième par écrit, anonymement, et le troisième en étant relié à un (faux) détecteur de mensonges.

En face à face, elles ont rapporté en moyenne 2,6 partenaires sexuels. En anonyme : 3,4 partenaires sexuels. Et celles qui craignaient d’être démasquées par le détecteur de mensonges : 4,4 partenaires sexuels. Moralité, tirée par le professeur Terry Fischer : “En matière de sexualité, les femmes sont plus sensibles à la pression sociale. Sous peine de passer pour des femmes faciles, elles ont tendance à répondre davantage en fonction de ce qu’on attend d’elles”.

Psychologies Magasine, mai 2010, Delphine de Malherbe.



Depuis quand un réalisateur ne peut-il plus user de son droit de cuissage ?

En date du 07/10/2009, en réaction à l’article de Dominique Sels paru dans les pages « Rebonds » du quotidien Libération 

La récente polémique autour de l’affaire Polanski est exemplaire de ce qu’on pourrait appeler « les inégalités de justice ». Le mot est encore faible tant c’est l’abyme qui s’ouvre sous vos pieds, sitôt deux cas comparés. Prenez Polanski, un génie du septième art, peu épargné, il est vrai, par les grosses douleurs de la vie (encore cette affirmation ne saurait-elle rien justifier). Reconnu coupable d’un viol anal sur une enfant de 13 ans, une caution et s’en va… Arrêté sous mandat de scandale dans le landerneau artistique trente-deux ans plus tard. Le ministre de la Culture français s’en mêle et souhaite « une résolution rapide de la situation ». Sa libération sans autre forme de procès, s’entend… Prenez un individu lambda que nous appellerons « x », souhait anonyme et qui commet le même forfait. C’est en tant que « pédophile » qu’il sera appréhendé par la justice, avec toutes les connotations disgracieuses que le terme revêt aujourd’hui. Et qu’est-ce qui autorise cette distinction ? Le talent… Dominique Sels nous le rappelle dans un article qu’elle a intitulé «  Le désir, la jeune fille et la mère ». « Depuis quand un peintre ne couche t-il pas avec son modèle ? » et nous irons même plus loin, dénonçant avec elle « ce silence et cette hypocrisie des femmes ». Depuis quand une écrivaine ne couche t-elle pas avec son éditeur ? Depuis quand une étudiante ne couche t-elle pas avec son prof (ah le fléau de la prostitution étudiante…), Depuis quand une femme politique ne s’allonge t-elle plus ? Et depuis quand un réalisateur (encore davantage Polanski) ne pourrait-il user de son droit de cuissage ? Allez, ne soyons pas « hypocrites » comme le souligne Dominique Sels, peut-être même cette affaire a-t-elle lancé la carrière de Samantha Geimer… Toute cette publicité… Avec la complicité d’une mère à l’Oedipe mal résolu qui offre sa fille à l’homme tout puissant, peut-être même avec des arrière-pensées, des projets d’Ascension… Tout le monde sait bien qu’être violée par Polanski facilite une carrière… Alors qu’est-ce qui facilite la distinction ? L’argent ? Il justifie même que des femmes prennent le parti de leur mari et dénoncent avec force « ces filles […] pubères, dévorées de curiosité, de désirs », presque assimilées à des prostituées. Les hommes ne sont que des hommes et Polanski n’est qu’un homme… L’implicite étant : les hommes sont des porcs, Polanski est un homme. Polanski est un porc ! 

F.L. - Présidente de l’AEMF

(Nous pouvons envoyer par mail un scann de l’article de Libération en question à tous ceux qui souhaiteraient le lire sous simple demande dans les commentaires - nos moyens techniques nous empêchant de le publier directement sur le blog).



Because I am a Girl

Plan France, l’association qui défend les droits des enfants du monde, vient de lancer la campagne “Because I am a Girl”, destinée à sensibiliser le public à certaines injustices vécues par les fillettes, par deux vidéos. Retrouvez en cliquant sur l’image “Mariée à douze ans” et “Je n’irai jamais à l’école”.

Vous pouvez aussi en apprendre plus ici, ou rejoindre leur groupe Facebook, c’est .

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L’irrésistible inégalité salariale

C’est le point noir des retraites des femmes : leur plus faible rénumération par rapport aux hommes. Pourquoi ? Parce que le niveau de pension en fin de carrière dépend du nombre d’années validées, mais aussi du niveau de rénumération moyen durant la carrière. Plus exactement de leur vingt cinq meilleures années sur le privé. Discriminer les femmes sur les salaires durant leur vie professionnelle revient donc à les pénaliser une seconde fois au moment de calculer leur retraite. Or, rien dans ce domaine ne permet d’être optimiste. Après s’être fortement réduits pendant quinze ans, les écarts de rénumération entre hommes et femmes ne baissent plus depuis le milieu des années 90. De 35% en 1975 pour un temps complet dans le secteur privé, la différence de revenus à été ramenée à 20%. Même dans le secteur public, où les salaires sont pourtant plus encadrés , elle est encore de 14% (en temps plein mensuel).

Des écarts dus en partie aux différences de déroulement de carrières et à une plus grande proportion de temps partiels chez les femmes, mais pas seulement. Car même après une prise en compte des caractéristiques socioprofessionelles, il reste toujours un écart, compris selon les études entre 7 et 10%. Et qui s’explique principalement par la discrimination. Connu depuis longtemps, ce phénomène a fait l’objet de plusieurs textes, dont les effets attendus n’ont pas vraiment été au rendez vous. Le projet de loi sur les retraites a décidé, lui aussi, de s’y attaquer. D’ici le 1er janvier 2012, toute entreprise qui n’aura pas mis en place un plan de réduction des inégalités salariales devra s’acquitter d’une pénalité pouvant atteindre 1% de sa masse salariale. Reste à voir si ce dispositif sera plus efficace que les précédents.

Luc Peillon, Libération, 22 septembre 2010, proposé par Florence.

21% : c’est le pourcentage de femmes qui, en 2009, ont attendu l’âge de 65 ans pour liquider leur retraite (contre 13% des hommes). L.P, Libération.



Et les femmes dans tout ça ?

Deux articles sur la question de la femme dans le débat actuel sur les retraites, tous deux issus du journal Libération.

Retraites : les femmes piégées par leur carrière

Et les femmes ? Jusqu’ici peu présentes dans le débat sur les réformes des retraites, leurs situations vient de ressurgir dans la perspective de l’examen du texte au Sénat le 4 octobre. Devant la montée du sujet dans les médias, le ministre du travail, Eric Woerth, s’est même fendu d’une invitation auprès de la délégation femmes au Sénat, Michèle André, afin d’aborder leur sort dans le projet de loi. Peu disert, selon cette sénatrice socialiste, “le ministre s’est cependant montré moins ferme que Nadine Morano sur certains points, notamment sur celui du maintien du départ à 65 ans sans décote pour les mères ayant élevé des enfants”.

La sécrétaire d’état à la famille avait effectivement opposé un niet catégorique, vendredi sur RTL, à cette possibilité de départ à la retraite à 65 ans (au lieu de 67 prévu dans la réforme) pour celles qui n’auraient pas pu réunir toutes leurs annuités, considérant que le “vrai débat ne porte pas sur le calcul des trimestres, mais sur l’égalité salariale”. Même la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations (la HALDE) a mis son grain de sel : dans sa délibération du 13 septembre, elle demande le maintien du départ à taux plein à 65 ans “pour les personnes ayant pris un congé parental ou pour soins apportés à un enfant ou un parent malade”.

Incomplètes. Fermeté d’un côté, “on va réfléchir” de l’autre : une légère hésitation semble gagner le sommet de l’Etat sur le recul de la borne d’âge à 67 ans. Laquelle apparaît au fil du débat comme le point le plus injuste de la réforme, puisqu’il touche tous ceux qui ont eu des carrières incomplètes. A commencer par les femmes. Sur l’ensemble de l’année 2009, les hommes ont ainsi été 13% à avoir liquidé leur retraite à 65 ans, contre 21% des femmes. Problème : le maintient du taux plein à 65 ans pour les mères qui n’auraient pas toutes leurs annuités n’entraînera pas forcément la réduction des égalités entre les hommes et les femmes. D’après la CNAV (caisse mdéciale d’assurance vieillesse), si la génération née en 1950 accuse encore, à l’âge de 60 ans, un écart de plus de deux trimestres au détriment de la gent féminine, les choses ont plutôt tendance à évouler en leur faveur. Dès la génération née en 1954, les femmes pourraient avoir réuni une durée d’assurance supérieure de près de deux trimestres à celles des hommes. POur la génération née en 1980, l’écart pourrait même être de cinq trimestres pour les femmes. Cette évolution, qui tient aussi compte des majorations de trimestres pour interruptions de carrières, est le résultat d’une plus grande insertion professionnelle des salariés. Mais elle reste fragile, puisque conditionnée au maintient des dispositifs de majoration pour celles ayant arrêté leur activité professionnelle dans le but de s’occuper d’un enfant.

Autre preuve que la question des inégalités hommes-femmes face aux retraites ne sera pas réglée par le maintient de la borne du taux plein à 65 ans : les inégalités du niveau des pensions devaient perdurer à l’avenir. En effet, les femmes du secteur privé qui liquident actuellement leur pension de droit direct (générations nées entre 1945 et 1954) toucheront une retraite inférieure de plus de 45% à celles des hommes. Or, même légérement réduit, cet écart sera encore de 37% pour celles nées entre 1965 et 1974.

Miroir. La persistance des différences dans le niveau des pensions sera avant tout due, dans l’avenir, aux inégalités vécues par les femmes au cours de leur carrière, dont la retraite n’est qu’un miroir amplificateur. Discrimination salariale pure, interruption d’activité professionelle pour éléver un enfant, temps partiels subis ; ces trois éléments sont la cause d’un revenu d’activité plus faible, conduisant à une retraite moindre. Or, malgré quelques avancées dans le projet de réforme (prise en compte des indimnités journalières de congés maternité dans le calcul, plan d’égalité salariale dans les entreprises), la questions reste largement sous-traitée.

Fin effective de l’inégalité salariale, extension des possibilités de garde d’enfants, limitation des temps partiels : c’est essentiellement en amont que l’égalité des retraites entre hommes et femmes doit être traitée. Pas sûr que le gouvernement soit aussi ambitieux.

Luc Peillon, Libération du 23 septembre 2010, merci à Florence

Et les femmes dans tout ça ?      (Photo : Dans la manifestation contre la réforme des retraites, à Marseille le 23 septembre. (Jean-Paul Pelissier / Reuters)

 

Retraite des mères: le gouvernement est-il prêt à un assouplissement?

Les sénateurs, qui examinent la réforme dès mardi, débattront du maintien de la retraite à 65 ans sans décote, pour les parents ayant cessé de travailler afin d’élever leurs enfants.

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