Combien de femmes dans le Who’s Who ?

Posté le 29 juin 2010

Article trouvé sur Rue89. 

 

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Avec un article sur l’édition 2010 du Who’s who, on est à deux doigts du joli marronnier automnal. Evidemment, je pourrais vous dire que parmi les heureux nouveaux du bottin VIP, on compte, par exemple et en vrac, la comédienne Dominique Blanc ou, moins connu, le patron des bonbons Haribo, Jean-Philippe André.

Autre déclinaison de saison : le comment du pourquoi le fameux annuaire (en vente 495 euros) garde la tête hors de l’eau malgré le Net, où vous pouvez même vous offrir la fiche de Stéphane Bern pour six euros depuis dix ans.

Rien de trépidant ? Peut-être, à l’exception d’un petit chiffre, lâché par l’éditeur : 15% des entrées du bottin VIP sont des femmes. Peut mieux faire, quand on sait que le gros livre rouge en est à sa 46e édition.

Mistinguett, Simone de Beauvoir… : seulement 2% de femmes en 1953

Vous allez me dire, c’est toujours mieux qu’en 1953 : cette année-là, date de la toute première édition, 2% à peine des entrées correspondaient à des personnalités féminines. Parmi elles, Mistinguett, Simone de Beauvoir (pas encore épinglée « féministe ») ou Danielle Darrieux. Et d’autres noms moins familiers, portés par des femmes chercheur ou avocate à Paris, territoire auquel se cantonnait à l’époque l’annuaire.

En 1975, le ratio est encore faible pour qui guette la gent féminine dans le listing bling bling mais on trouve tout de même les chanteuses Barbara et Nana Mouskouri, la comédienne Maria Pacôme, ou Roselyne Pierre, agent de change et Violette Verdy, chorégraphe.

Beaucoup de noms du monde du spectacle ? C’est vrai. Même si l’on croise, toujours en 1975, une lexicologue spécialiste du vocabulaire pétrolier, Magdeleine Moureau, la plupart des femmes sont issues du showbiz.

C’est d’ailleurs toujours un peu le cas, même si, tout au long de la journée de sortie du bottin, l’absence de Carla Bruni aura été abondamment commentée. Explication de l’éditeur : « Elle n’a pas renvoyé sa fiche de renseignements. »

Encore aujourd’hui, 17% des entrants dans le Who’s who sont des femmes

On pourrait croire que la tendance avait eu le temps de s’inverser depuis 1975. Ainsi, en 1990, aux côtés de l’intellectuelle Julia Kristeva ou de la romancière Raphaëlle Billetdoux, on trouve Martine Griffon-Fouco, ingénieur nucléaire, Michèle Rudler, directrice du laboratoire de police scientifique de la préfecture de police et des présidentes d’associations.

Mais on ne peut pas dire que les dernières éditions aient amorcé le début d’un changement de tendance : seulement 17% des 1084 dernières recrues sont des femmes cette année. Franchement pas de quoi bouleverser les ratios, donc.

Au service de presse de l’éditeur, on précise que les dernières moutures comptent « beaucoup de sportives et Appoline Poilâne », l’héritière de la boulangerie prisée.

Une cause ou un effet du « plafond de verre » ?

Une petite fiche précise aussi que 14% de celles qui figurent au bottin ont étudié à l’étranger. Et tout de même que 70% d’entre elles sont des mères de famille, parfois même à la tête de familles nombreuses, à l’instar de Cécile Duflot, à la tête des Verts, qui a quatre enfants et débarque dans le fichier select version 2010.

Un peu réducteur ? Mercredi, le patron du Who’s who expliquait comme il pouvait que ce sont avant tout des critères professionnels qui sont retenus pour l’entrée… comme pour la sortie (plus cruel ! ). Pour lui, cette faible proportion est un effet de ce qu’on appelle « le plafond de verre », et qui correspond à l’absence de femmes dans des fonctions hiérarchiques en France. En clair : la fameuse histoire de l’oeuf ou de la poule.

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Illustration : l’édition 2010 du « Who’s who » (DR)

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