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Archive pour avril 2010

Des nouvelles de la loi française sur la Burqa

Le gouvernement Français a fait connaître aujourd’hui les détails de sa loi d’interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics.

Des peines seraient appliquées des deux côtés : une femme qui le porterait malgré l’interdiction serait passible d’une amende de 150 euros, et/ou d’un stage de citoyenneté. Les 750 euros qui avaient été proposés par Jean François Copé (le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale) ont été revus à la baisse car «nous avons décidé des peines légères, car ces femmes sont souvent victimes», selon un des rédacteurs du projet interrogé ce matin par Le Figaro.

Quant aux hommes dont il sera prouvé qu’ils forcent des femmes à porter la Burqa, leur peine sera bien plus lourde : elle pourra aller jusqu’à 15000 euros d’amende et un an de prison. Même si selon certains psychologues qui se sont exprimés sur la nouvelle, déterminer la part de libre arbitre et celle d’obligation dans le port de la Burqa peut être très difficile à établir.

Il ne reste plus à présent à François Fillon qu’à présenter cette version du projet de loi au Conseil d’Etat, puis au Conseil des Ministres du 19 mai ; une action assez rapide puisqu’elle bénéficie d’une procédure d’urgence mise en place par Nicolas Sarkozy afin que la loi soit acceptée avant la pause gouvernementale de l’été, qui ralentirait les choses. Si la loi est validée, elle sera mise en place définitivement dans six mois, le temps de la faire connaître.

Tous les spécialistes et commentateurs politiques s’accordent à dire que cette version de la loi est certainement définitive et que la probabilité pour qu’elle soit immédiatement adoptée est très grande. A suivre …



La jupe fait elle de la résistance ?

Elle est partout et sur toutes. Mini, crayon, bouffante, en jean, en tweed ou en cuir. Au point que nos consoeurs de la mode pourraient se demander si la jupe n’est pas le nouveau jean. Dans l’histoire du costume, la jupe est une <>. Elle tourmente encore l’imagination des hommes, à l’heure où le porno leur arrache des bâillements blasés. Souchon, bien sûr : <>. Et pas seulement. L’inconnu dont le regard s’attarde sur les longues guibolles court vêtues, le gamin fasciné dans la cour de récré, qui se transforme en prédateur le temps d’un envol de jupon. Objet de fantasmes, synonyme de féminité frondeuse. Les hommes qui n’aiment pas les femmes ne s’y trompent pas. Ils détestent la jupe. Dans <>, Isabelle Adjani, alias Sonia Berjerac, professeur de français, prend en otage, revolver au poing, sa classe : elle ne supporte plus le caïd et sa bande la traiter de <> à longeur de cours parce qu’elle porte une jupe. Hommage en forme de catharsis à toutes les filles obligées de mettre un pantalon sous leur jupe pour échapper à la lapidation verbale.

Flavia Mazelin Salvi – Psychologies Magazine de mars 2010

 

La jupe fait elle de la résistance ?

 

(Dessin : Miss Bean – www.leszillusdemissbean.com)



Le voile intégral remis en question

Le voile de la reconquête - liberation.fr

A droite, toute. Nicolas Sarkozy veut renouer avec l’électorat de base de l’UMP qui, déçu par sa politique, n’a pas voté pour la majorité aux régionales, et le fait chuter dans les sondages. Fini donc les sujets qui fâchent, comme l’ouverture ou la taxe carbone. Le chef de l’Etat s’adresse maintenant aux populations traditionnellement à droite, comme les agriculteurs ou les médecins, il se réserve, comme mardi, des discours sur la sécurité et, enfin, il s’affiche, avec ce texte d’interdiction globale du voile intégral, comme un homme de fermeté. «Le Président a rejoint la position que je défends», se félicitait hier le patron des députés UMP Jean-François Copé, partisan d’une ligne dure contre la burqa.

 

«Sensible». A plusieurs reprises, Sarkozy avait promis une telle loi. Mais il était resté flou sur son contenu. Le 24 mars, juste après les régionales, il s’était contenté d’évoquer une «loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit». Il n’avait pas non plus décidé qui serait à l’initiative du texte : le gouvernement, via un projet de loi, ou les parlementaires ? Sarkozy aurait pu s’appuyer sur le rapport issu de la mission d’information dirigée par Eric Raoult (UMP) et André Gerin (PCF), et qui avait prôné une résolution contre la burqa. Ou bien mettre à l’agenda la proposition de loi déposée en janvier par Copé et 220 députés UMP, défendant le vote d’une résolution, mais y associant un texte visant une interdiction générale.

 

Hier matin, c’est à l’Elysée que le dossier a été tranché. Au cours d’une réunion organisée peu avant le Conseil des ministres, à laquelle participaient plusieurs leaders de la majorité : Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, les deux présidents des assemblées, Bernard Accoyer et Gérard Larcher, ainsi que Jean-François Copé. Le patron du groupe UMP a alors plaidé pour sa solution, qui avait l’avantage de la rapidité. Une proposition de loi n’ayant pas à être préalablement examinée par le Conseil d’Etat, elle aurait pu être discutée sans délai. Mais Accoyer s’y est opposé. Le président de l’Assemblée, qui en a assez des initiatives de Copé, a fait valoir que cela heurterait l’opposition, socialistes et communistes l’ayant averti qu’une proposition de loi empêcherait de «délibérer sereinement sur un sujet aussi sensible».

 

Aller vite. Pour ne pas se fâcher avec sa majorité, Sarkozy a alors choisi de donner satisfaction à chacun. Sur la forme, il a donné raison à Accoyer. Sur le fond, à Copé. «Le président de la République a fixé trois principes, a expliqué Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement. L’interdiction doit être générale, car la dignité de la femme ne se divise pas. Tout doit être fait pour que nul ne se sente stigmatisé. Enfin, le texte ne peut procéder d’une approche partisane.» Quant aux risques de se voir retoquer par le Conseil constitutionnel ou la Cour européenne des droits de l’homme, le gouvernement fait mine de s’en ficher. «On est prêt à prendre des risques juridiques parce que nous pensons que l’enjeu en vaut la chandelle», expliquait ainsi hier après-midi François Fillon.

Du coup, le gouvernement a maintenant décidé d’aller vite. Le projet de loi devrait être déposé «courant mai» pour un examen en urgence fin, juin, et une adoption avant la fin de la session parlementaire.

 

Nicolas Cori

 

 

Le voile intégral remis en question galerie-membredubaidubai-femme-voilee

Voile intégral: Larcher et Accoyer contre une procédure d’urgence -liberation.fr

 

 

Début de brouille entre exécutif et législatif? Alors que le gouvernement a annoncé cette semaine sa décision de présenter lui-même un projet de loi interdisant partout le port du voile intégral, François Fillon, recevra, lundi, Bernard Accoyer et Gérard Larcher. Non que les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat s’opposent, sur le fond, à l’arbitrage rendu par le président de la République. Mais pour plaider contre le recours à la procédure d’urgence pour l’examen de ce texte au Parlement, comme l’envisagerait le Premier ministre.

 

Les deux présidents, a-t-on expliqué à l’AFP, ont sollicité eux-mêmes ce rendez-vous à Matignon pour «appeler solennellement l’attention du Premier Ministre sur les conditions du débat sur le projet de loi sur l’interdiction du port du voile intégral et plus particulièrement sur les conséquences de la mise en oeuvre par le gouvernement de la procédure accélérée sur une question sensible et complexe qui, si elle doit être traitée rapidement, ne doit pas pour autant l’être dans la précipitation», ont insisté leurs entourages.

(suite…)



Les pères célibataires

Les femmes sont souvent défavorisées par rapport aux hommes, ce blog en témoigne ; mais il y a aussi des situations où la tendance s’inverse, et parmi elles, le cas des pères qui demandent la garde de leurs enfants lors d’un divorce. Mal vus par la société, mal pris en compte par la justice, brimés,  ils en témoignent autour d’un pédopsychiatre dans cette émission de radio, à ré écouter ici : « Et si c’était ça le bonheur – Europe 1 – Je suis un père célibataire ». 

 

 

Les pères célibataires papa_bebe_25

 

 

 



Elisabeth Badinter anti écolo ?

Dans Le conflit, la femme et la mère (Flammarion, 2010), la philosophe dénonce les nouvelles menaces qui planent sur le difficile parcours des femmes vers l’égalité. A trop insister sur leur nature maternelle, nous risquons de les renvoyer dans leur foyer. Une thèse que réfutent les écologistes, qui ont violamment réagi. Elle leur répond.

Êtes vous antiécologiste ?

Non, ce sont les thèses de l’écologie radicale que je réfute, celles qui défendent la nature en réassignant aux femmes leurs tâches ancestrales. Je suis attaquée à propos des couches lavables, par exemple. Elles créent des servitudes volontaires pour une finalité transcendantale qui serait la sauvegarde de la nature. Pour sauver les arbres, il faut asservir les femmes … et que l’on ne prétende pas que les hommes sont prêts à s’y mettre ! En France, les femmes effectuent toujours 80% du travail domestique.

Comment expliquez vous la violence des réactions à votre livre ?

Il y a un débat chez les féministes qui rend la cause des femmes inaudible. Prenons la discution sur l’allaitement : je n’ai aucun parti pris. Chacun est libre. Mais les normes qui prônent l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois du bébé ont des répercussions sur la vie des jeunes mères. Elles se disent qu’elles vont arrêter de travailler quelque temps. Or, la crise rend le retour sur le marché de l’emploi difficile. Cela ne fait pas plaisir aux féministes naturalistes, mais les conséquences sur l’indépendance financières des femmes sont réelles. C’est toujours au nom du retour à la nature que l’ont met celles ci à la maison. C’était déjà le mot d’ordre de Rousseau. Aujourd’hui, cela peut recommencer au nom de la planète et du bonheur familial. Ce livre là est pour réveiller l’attention.

Psychologies Magasine d’avril 2010, propos recueillis par H.D.



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