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Archive pour mars 2010

8 mars 2010

Toute l’équipe de l’AEMF vous invite à réfléchir sur le statut de nos consoeurs en cette Journée de la Femme.

Voici un petit historique :

  • 1910 :  Le première idée d’une « Journée internationale des Femmes » naît à Copenhague pendant la Conférence Internationale des Femmes Socialistes, dont l’objectif final est d’obtenir le droit de vote, mais on ne fixe pas encore de date précise.

  • 1911 : Une première version de la Journée de la Femme a lieu sous forme de manifestations : un million de femmes en Europe et aux Etats Unis sont dans la rue pour demander le droit de vote et le droit de travailler comme bon leur semble. Elles choisissent le 19 mars en clin d’oeil à la Révolution de 1848 et à la Commune de Paris.

  • 8 mars 1917 : A Saint Pétersbourg, c’est la Première Guerre Mondiale et des ouvrières manifestent pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front, ainsi que plus de droits pour elles qui restent seules. 

  • 8 mars 1921 : Lénine décrète le 8 mars Journée des Femmes, en commémoration de la manifestation de 1917. En 1955, le journal l’Humanité brouille les pistes en prétextant que ladite manifestation aurait eu lieu aux Etats Unis en 1857, mais les travaux de deux historiennes révèlent en 1982 que celle-ci n’a jamais eu lieu. C’est donc bien en URSS que la Journée de la Femme prend ses racines.

  • 1946 : La journée est célébrée dans tous les pays de l’Est.

  • 1970 : La journée de la Femme perd un peu de sa connotation communiste pour devenir plus féministe. Le Mouvement de Libération des Femmes s’en empare.

  • 8 mars 1977 : Poussé par l’élan féministe qui grandit, les Nations Unies officialisent la Journée Internationale des Femmes.

  • 8 mars 1982 : C’est au tour de la France, sous le gouvernement de François Mitterand, de l’officialiser.

Pour en savoir plus : www.journee-de-la-femme.com (site permanent) ; http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces,770/femmes-egalite,772/ (pour un programme de ce qui se fait aujourd’hui en France) ; http://8mars-online.fr (un site fourmillant d’informations et sur lequel ont été trouvées la plupart des données de cet article).

Pour finir, une citation …

« J’aimerais, cela est vrai, qu’il n’y ait pas de 8 mars, de journée internationale des femmes. Cela signifierait qu’il n’y a plus de discrimination et donc plus de luttes, plus de revendications, parce que les comportements sont devenus égalitaires et que tous les citoyens peuvent exercer la plénitude de leurs droits (…) C’est encore un rêve. »

Yvette Roudy, ministre des Droits de la Femme dans les années 80.

 

Bonne journée !



Un documentaire sur le combat de Simone Veil pour le droit à l’avortement

Aude du Sartz conseille un documentaire de Valérie Manns et Richard Puech (France, 2010, 60 mn, inédit) qui sera diffusé ce jeudi 4 mars à 22h45 sur France 2. 

Le résumé : Le mardi 26 novembre 1974, à 16h, Simone Veil, Ministre de la Santé depuis 6 mois à peine, monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre son projet de loi légalisant l’avortement. En France, elles sont alors 300 000 femmes à avorter clandestinement chaque année : 300 000 criminelles selon la loi pénale de 1920. Pendant trois jours et deux nuits, Simone Veil affronte 74 orateurs et endure les diatribes les plus enflammées. Au petit matin du 29 novembre 1974, après 25 heures de débat et de tumultes, la loi sur l’Interruption volontaire de grossesse est enfin votée par 284 voix contre 189, mettant fin à des siècles d’hypocrisie.

Un documentaire sur le combat de Simone Veil pour le droit à l'avortement dans Articles écrits par l'AEMF veil74 

Critique Télérama : C’est une image gravée dans la mémoire collective, d’une puissance intacte malgré les années. En ce mardi 26 novembre 1974, Simone Veil, ministre de la Santé, se présente à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre son projet de loi légalisant l’IVG. Seule face à une assemblée d’hommes majoritairement hostiles, seule pour porter la voix des femmes, et convaincre de l’insoutenable injustice héritée de la loi de 1920 (déjà dénoncée lors du procès de Bobigny en 1972). Trois cent mille Françaises avortent alors chaque année. Celles qui n’ont pas les moyens de partir à l’étranger, n’ont d’autre choix que la clandestinité, risquant la mutilation et la mort.  Trois jours et deux nuits de débats vont donner la mesure du gouffre qui sépare les attentes d’une société en pleine mutation et toute une génération d’élus de la droite conservatrice, traumatisée par Mai 68. Il ne reste aujourd’hui que des enregistrements sonores des soixante-quatorze interventions : elles sont ici restituées dans une habile mise en scène n’éludant rien des injures et des attaques abjectes subies par Simone Veil. Ni du courage de ceux qui ont osé s’élever contre leur propre camp politique au nom de leur conviction. Le récit de cette bataille passionnée, par ceux qui l’ont vécue, ravive une mémoire précieuse, rappelant le prix autant que la fragilité d’une liberté essentielle. 

Isabelle Poitte www.telerama.fr 



«Je ne voulais plus être prisonnière de ma propre vie ».

Karima, une belgo-marocaine de 33 ans, contrainte au mariage forcé, maltraitée, menacée de mort, s’en est sortie en racontant son combat.« Oui, je suis auteur. Dans insoumise et dévoilée, j’ai simplement raconté ma vie. Mon autobiographie. Et maintenant avec mon association, je continue le combat pour d’autres. » Karima, 33 ans, Belge d’origine marocaine, possédant la double nationalité, est venue témoigner le samedi 16 janvier, à Pont-à Mousson au cours d’une convention régionale sur l’identité nationale organisée par les jeunes UMP de Meurthe-et Moselle. « J’étais promise au mariage forcé à l’âge de 12 ans. Je  m’en  suis défait et obtenu le divorce en 2006 seulement. » 

Karima n’élude rien. Surtout pas « ce voile que mon père qui fréquentait la mosquée nous imposait, à moi et à mes sœurs. » « Si vous l’enlevez, je vous tue! » menaçait-il » Elle avait 9 ans. Ce petit bout de femme, si frêle d’apparence, cache un courage et une détermination sans faille qu’on perçoit dans ce grand regard sombre. Elle parle de cette double vie avec « le voile à l’école, sans jamais un cours de gym ou de natation car les médecins accordaient des certificats de complaisance aux parents. » 

A l’âge de 12 ans, elle est promise à un cousin au Maroc. « Mon père a acheté l’acte de mariage » poursuit Karima qui n’a jamais vécu avec ce mari. « A 18 ans, je voulais partir, mais je ne savais pas où aller. Je ne pouvais pas sortir de chez mes parents. J’étais maltraitée. Devais-je aller dans un foyer pour femmes battues? ». Jusqu’au jour où elle choisit l’écriture. Elle va lui ouvrir des portes. »Ma famille, la communauté musulmane, ne m’ont pas prise au sérieux. Quand ils ont lu des extraits  de mon livre, les insultes, les menaces ont fusé. Elles venaient même de France. Ils ont fait signer des gens de la communauté, leur faisant croire que mon livre était un ouvrage contre l’Islam. Ce qui n’était pas le cas. J’ai été mise sous protection policière. Ma famille m’a intenté un procès. »Elle le gagne. Son livre paraît. Un autre suit: Burqa, la révolte d’Aicha, chez le même éditeur, Luc Pire, en Belgique. 

Entretemps, elle parvient avec l’aide d’un juge au Maroc à obtenir son divorce. 

« Oui, l’écriture m’a libérée. C’était ma thérapie. Mais aujourd’hui, je reçois toujours des menaces. Je fais des conférences, je témoigne. Et avec mon association Insoumise et dévoilée, je viens en aide  à d’autres femmes maltraitées. » Karima ne comprend pas les hésitations de la Belgique, qui tarde à légiférer sur l’interdiction du voile. Et le port de la burqa en France? « Vous parlez d’une loi chez vous? Je la signe tout de suite des deux mains!  En Egypte, en Turquie, le port du voile, de la burqa est interdit. Pourquoi ces hésitations chez nous? Parce qu’on a peur de toucher à une culture qui tolère des traditions archaïques et extrémistes!» dit-elle. 

Le Républicain Lorrain, 17 janvier 2010, article récolté par Mathieu Belza.



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