La fermeture des maisons closes remise en question

Posté le 24 March 2010

59% des Français sont favorables à la réouverture des maisons closes, paraît-il.

La presse commentait ce sondage la semaine dernière à grand renfort de titres racoleurs. 

Est-ce que cette désuète question n’est pas l’arbre qui cache la forêt ? C’est-à-dire la précarisation croissante des prostituées. En chaque Français un nostalgique sommeille. Dès qu’on lui parle maisons closes, il pense bordels. Certes les maisons de tolérance, le Chabanais, le One Two two ne manquaient pas de charme.

Mais, alors que la réouverture des maisons fait la une de l’actualité, on n’a pas songé à demander leur avis aux putes de tout sexe, les principales intéressées.

Aujourd’hui, elles abordent le sujet lors des 4ème assises de la prostitution qui se tiennent au Sénat le 24 mars, à l’invitation de la sénatrice Alima Boumédienne-Thiery (Les Verts).

Au programme de ce rassemblement organisé par le collectif Droits et Prostitutiond dont nous interviewons ci-dessous l’un des représentants, les questions de l’Internet et de la prostitution et celle de la pénalisation des clients seront également abordées.

L’époque des maisons closes eut son âge d’or, mais elle est révolue depuis le 13 avril 1946, lorsque fut votée la loi dite Marthe Richard (ce qui permit d’ailleurs aux clandés de se développer…).En 1991, déjà, Alphonse Boudard, a qui l’on posait cette question de la réouverture des bordels, était assez sceptique : « Non, ce n’est pas possible de les rouvrir parce que c’est le passé. La marine à voile, quoi. »

Le 25 mars le ministère de l’intérieur met en place un groupe de travail dont le but est de lancer une réflexion sur les maisons closes en s’inspirant de ce qui se fait en Hollande ou en Suisse, notamment. Aucune association représentative des prostituées n’est conviée à cette réflexion. On ne les entend pas plus quand elles réclamenl’abrogation de la loi sur le racolage du 18 mars 2003 instaurée par Nicolas Sarkozy.

A l’époque, écrivions-nous, « le ministre de l’intérieur entendait arrêter le trafic d’êtres humains. Cette loi n’a pourtant jamais conduit devant la justice les souteneurs et responsables des réseaux de traites… Au contraire, elle a contribué à marginaliser les travailleurs et travailleuses du sexe, les mettant à la merci des proxénètes  ».

Le 24 mars, au Sénat, les putains, prostituées, putes, travailleurs du sexe, femmes galantes ou de petite vertu, filles de joie, femmes, hommes, trans, seront réunis pour demander encore l’abrogation de cette loi et pour rappeler tout simplement qu’ils existent.

 

La fermeture des maisons closes remise en question assises2010affiche

 

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Vous pouvez en apprendre plus sur l’association Droits et Prostitutions et trouver de nombreuses informations sur les droits des prostitué(e)s en cliquant ici : http://www.droitsetprostitution.org/

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