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Archive pour February 2010

Femmes et syndicalisme à Sao Paulo : les ouvrières de la métallurgie à la fin des années 1970

C’est grâce à la tenue d’un congrès ­ non mixte ­ de femmes de la métallurgie, en 1978, que la condition des ouvrières réapparut comme préoccupation du syndicalisme brésilien contemporain1. Ces congrès, ainsi que les campagnes de syndicalisation promues par les différents syndicats grâce à la création des premières sections féminines, permit l’inclusion des revendications des travailleuses parmi les thèmes de revendications salariales des syndicats. Le premier congrès des ouvrières de la métallurgie eut lieu du 21 au 28 janvier 1978 à Sao Bernardo do Campo2. Il fut organisé par la direction du syndicat de la métallurgie ­ qui, jusqu’alors, ne comptait aucune femme ­ et était ouvert à toute ouvrière de la métallurgie, moyennant une simple inscription préalable. Pour ces dirigeants syndicaux, l’objectif du congrès était d’encourager la participation des femmes aux luttes syndicales. En effet, bien que de plus en plus nombreuses dans cette catégorie professionnelle, les femmes étaient pratiquement absentes des activités syndicales, des assemblées ainsi que des derniers congrès. Ce fut en fait une discussion, à l’initiative du gouvernement, autour d’un éventuel changement de la législation du travail rendant légal le travail de nuit des femmes, qui motiva la convocation du congrès. La direction du syndicat, qui avait déjà pris position contre ce changement, estima néanmoins nécessaire de discuter le problème avec les personnes concernées. Elle attendait surtout, de la part de ces femmes, des suggestions qui pourraient renforcer les positions du syndicat3. Seulement 300 ouvrières sur les 800 inscrites purent assister au congrès car de nombreuses entreprises décidèrent de rattraper, ce jour là, un jour férié accordé pour le carnaval. Plusieurs d’entre elles furent licenciées.

 

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Femme et maternité : le débat

A l’occasion de la sortie de son livre “Le Conflit, femme et mère”, Elisabeth Badinter s’est exprimée sur France Inter le 11 février 2010.

Son intervention peut être visionnée sur le site de France Inter à l’adresse suivante :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/index.php?id=88376

 

Sur France Culture également, ”La fabrique de l’histoire” s’est penchée sur le thème de la maternité lors de quatre rendez-vous s’étalant du 8 au 11 février 2010. Là aussi, il est possible de consulter ces émissions dans les archives :

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/archives.php

 

De quoi alimenter le débat! Bonne écoute!

 

Aude D.



Des wagons réservés aux femmes ? L’UMP vs. le PS et le PC

93 : la tête de liste UMP veut des wagons réservés aux femmes en soirée

Policier de formation et tête de liste UMP en Seine-Saint-Denis, Bruno Beschizza s’est prononcé pour la mise en place de wagons réservés aux femmes le soir dans les transports en Ile-de-France.

Interrogé sur France Bleu, il a affirmé que «dans les transports, systématiquement le soir (il fallait) faire en sorte que les femmes seules aient un accès privilégié dans le premier wagon, qu’il soit sur-vidéoprotégé, pour que les gens se sentent en sécurité». Comme on lui faisait remarquer qu’il y aurait alors un afflux de passagers dans le premier wagon, il a répondu: «Il faudra s’adapter, et alors ?».

Dans un communiqué apportant des «précisions» à ses déclarations, Bruno Beschizza a affirmé qu’«il s’est prononcé pour la vidéoprotection systématique dans la première rame de chaque train et RER», «ces rames (étant) bien sûr ouvertes à tous les voyageurs sans exception».

Bus, métro ou taxis, une pratique courante à l’étranger

Secrétaire général du syndicat de police Synergie (deuxième syndicat d’officiers de police), Bruno Beschizza est en congé de son syndicat pour les élections régionales. Agé de 42 ans, il a été désigné numéro un de la liste UMP en Seine-Saint-Denis à la place de Patrick Toulmet, qui avait été pressenti auparavant par Valérie Pécresse, chef de file de l’UMP pour les régionales en IdF. Patrick Toulmet, président de la chambre des métiers du département, a été rétrogradé à la troisième place de la liste départementale de l’UMP.

L’expérience de transports exclusivement réservés aux usagers femmes a été conduite dans plusieurs pays. C’est le cas de la ville de Mexico, où des lignes de bus leurs sont exclusivement réservées depuis deux ans. Dans une autre ville du Mexique, Puebla, à une centaine de kilomètres de la capitale, ce sont les taxis qui n’acceptent que les dames : au nombre de 35 et conduit par des femmes, on les distingue à leur couleur rose.

En Corée du Sud, une expérience de métro unisexe avait été tentée à Séoul, aux heures de pointe, dans les années 1990. Au Japon, les métros de Tokyo et d’Osaka ont adopté cette méthode pour lutter contre le harcèlement sexuel et les agressions des voyageuses. En Egypte, le métro du Caire réserve les quatrième et cinquième voiture aux femmes qui veulent éviter la promiscuité. En Thaïlande, la compagnie des transports publics de Bangkok a instauré des bus spéciaux pour femmes. Enfin, à Dubaï, l’autorité des transports annonce elle aussi, pour avril prochain, un système de bus exclusivement réservés aux voyageuses.

Dans un communiqué apportant des «précisions» à ses déclarations, Bruno Beschizza a affirmé qu’«il s’est prononcé pour la vidéoprotection systématique dans la première rame de chaque train et RER», «ces rames (étant) bien sûr ouvertes à tous les voyageurs sans exception».

Le Parisien et l’AFP

Source : Leparisien.fr – 8 février 2010

Quelques réactions :

Abdelhak Kachouri, tête de liste PS en Seine-Saint-Denis, a qualifié mardi d’”absurde” la proposition de son concurrent. “Au lieu de bloquer des wagons, M. Beschizza ferait mieux de débloquer des effectifs de police”, a-t-il estimé dans un communiqué, affirmant que “la sécurité des Français ne passe pas par un  enfermement de telle ou telle catégorie dans un pré-carré sur-vidéoprotégé”.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a estimé mardi que l’isolement ne pouvait “pas être la mesure pour répondre au  fléau de l’insécurité”, ajoutant que “c’est de moyens humains que nous avons besoin, de personnels qui assurent la sécurité des voyageurs dans les voitures mais aussi  dans les couloirs et aux abords des gares”.

Source france2.fr

Et vous, qu’en pensez vous ?



La polémique Elisabeth Badinter dans Le journal du dimanche

Son livre n’est pas encore publié, mais il suscite déjà la polémique. Voici un entretien entre Marie-Christine Tabet et la philosophe et féministe Elisabeth Badinter.

Votre livre Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion), qui sort en librairie le 12 février, déchaîne déjà les passions. La pédiatre Edwige Antier considère que vous êtes une archéo féministe. Cette nouvelle croisade contre la tyrannie de la maternité n’est-elle pas un combat d’arrière-garde?
J’admire que l’on puisse juger d’un livre qui n’est pas encore en vente ! Je n’ai jamais parlé de la tyrannie de la maternité en général parce que ce serait absurde. En revanche, je m’élève contre l’émergence d’un modèle de mère idéale qui prône le retour à la maison durant les premières années de l’enfant. Ce que je dénonce dans ce livre, c’est la prédominance d’un discours naturaliste, qui remet au premier plan l’instinct maternel, appelé désormais pudiquement “fibre”. Ces mouvements qui nous prescrivent avec autorité l’allaitement long et à la demande sont dangereux car ils ne tiennent pas compte de l’ambivalence maternelle. Il n’y a plus de place non plus pour la diversification des choix féminins : je fais un enfant ou non, je lui donne le biberon ou le sein, je reprends le travail après le congé maternité ou non.

L’allaitement serait donc une idéologie politique dangereuse…

Ces sujets sont trop sérieux pour qu’on les caricature. Je ne suis absolument pas contre l’allaitement maternel. Je comprends fort bien que pour certaines cela constitue une expérience magnifique, un épanouissement, une jouissance même… Ce qui me gêne, c’est que l’on veuille faire de cette option personnelle un modèle pour toutes les femmes. C’est un raisonnement pernicieux. On nous explique d’abord que la nature ne ment pas, qu’elle est bonne et qu’il faut revenir aux fondamentaux. Les femmes sont considérées comme un bloc mû par un processus naturel, la prolactine, l’ocytocine… Il n’y a plus de place pour la liberté de choix. Toute la vie des femmes se déduit alors de ces impératifs naturels premiers.

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“Parité : un stage de ménage réservé aux messieurs” Libération du 21 janvier 2010

Leçon numéro 1 : branchez le fer à repasser.

Henri, webmaster de 25 ans, en couple, est spécialiste des <> et de pas grand chose d’autre. Sébastien, gérant d’une agence immobilière, deux enfants, se vante d’être <
> pour tout faire rentrer dans le lave vaisselle. Apparemment, c’est sa seule contribution aux tâches ménagères. Alain, peintre en bâtiment, dit qu’il ne trouve pas le ménage <> mais <>. Il ajoute : <>

Tradition. Ils sont une dizaine. Pour eux, le ménage est une obligation. <> souligne un dernier. De bonne volonté, ils participaient hier à une formation intitulée <>. Julien, un entrepreneur Internet de 31 ans, y a été poussé par sa femme : <>. Au programme, repassage chronométré, lessivage du sol et nettoyage des vitres. Dans les règles de l’Art. Parmi eux, un seul <> autoproclamé. <>.

Chez François, qui a un enfant de deux ans, <>. Autrement dit : sa femme en faisait beaucoup plus … avant qu’ils ne prennent une femme de ménage. Voilà ces messieurs qui écoutent religieusement un cours magistral sur <> (détartrage, dégraissage, désinfection). Le <> et la méthode de <>. Tout cela ne dit rien à personne. ça vole haut, c’est pro. Certains opinent du chef, d’autres prennent des notes. Personne ne donne l’impression de perdre son temps. Les coups d’oeil discrets au téléphone portable sont remis à plus tard. A la fin de la présentation, Alain entrevoit une lueur d’espoir : <>

Compétition. Affublés d’un petit tablier, ils vont à l’atelier de repassage.  <>, plaisante un responsable de Bien Servi, organisme de prestation de ménage à domicile qui, en présentant cette formation exceptionnelle, réservée aux hommes, s’offre un coup de pub. Il fait allusion à la une de Libération du 3 décembre, qui rappelait que les femmes assument, chaque année, 680 heures de travail domestique de plus que les hommes. Il insiste : <>.

Pas de blocage pour laver la salle de bain ou la cuisine. Le partage des tâches dans son couple est essentiel à l’équilibre, il faut dire que sa femme, avocate, <> Fer à repasser à la main, ils s’exercent sur des chemises froissées. Ils s’inspectent mutuellement. Dans la compétition ménagère, il y a quelque chose de viril qui leur plait. Jean Michel contemple sa chemise inpeccablement pliée. Il sourit : <>.

Libération du 21 janvier 2010, Charlotte Rotman, relevé par Florence Lhote.



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