La loi El Kohmri est une régression pour toutes les femmes!

Posté le Mardi 8 mars 2016

La loi El Kohmri, ministre-fusible qu’on a choisi jeune, femme et issue des minorités visibles pour mieux déchainer les haines, est une régression sans précédent pour les droits des femmes et des hommes. Pour nos droits.

Mais il faut dire la vérité : si elle nous impacte tous, cette loi est particulièrement destructrice pour les droits des femmes, premières victimes de la précarité en France et en Europe. Premières victimes de ces temps partiels non choisis, premières victimes des difficultés à accéder à des postes à responsabilités, premières victimes des situations traumatisantes (violences, abus…).

Cette loi et la manière dont elle est portée, sont symptomatiques de la place des femmes dans la société française et particulièrement, en politique. Une femme se retrouve au centre d’une instrumentalisation commandée par plus stratège qu’elle (Macron toujours en embuscade libérale, Valls songeant surtout à son avenir politique). Une femme se retrouve jouer le mauvais rôle. Il y a des précédents historiques (Edith Cresson), les procès en incompétences (Ségolène Royal, Martine Aubry, Cécile Duflot…) et sous-entendus et railleries sexistes (récemment encore à l’encontre de Barbara Pompili) sont légion dans le milieu. Mais tout de même. C’est encore une femme qui joue le mauvais rôle. C’est encore une femme qu’on envoie au casse-pipe. Ce qui dit beaucoup du courage politique masculin. Il est triste pour Myriam El Kohmri d’abdiquer à ce point ses convictions.

En revenant sur la durée légale du temps de travail (35h déjà largement torpillées par les multiples textes de lois), en plafonnant les indemnités prudhommales en cas de licenciement abusif et en privilégiant les accords d’entreprises au code du travail fixé pour tous par la loi, c’est une femme qui contribue à réduire à néant ce qu’il avait fallu des années de lutte sociale pour acquérir.

Et qu’on ne nous dise pas que le texte est mal compris et que l’objectif est de réduire le chômage. Il faudra nous expliquer comment en faisant travailler plus les mêmes employés (la création d’emploi implique de payer des charges supplémentaires pour les chefs d’entreprise) et en les licenciant plus facilement, il peut y avoir création d’emploi. Il faudra vraiment nous expliquer.

Pour toutes ces raisons, mobilisons-nous !

Florence Lhote, Présidente-fondatrice de l’AEMF

Signez la pétition en faveur de son retrait : loitravail.lol

aemf @ 20:57
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Lettre ouverte aux syndicats pour les retraites des femmes

Posté le Mardi 27 octobre 2015

Lettre ouverte à

Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT

Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC

Philippe Louis, président confédéral de la CFTC

 

Ne signez pas l’accord sur les retraites complémentaires !

Vos organisations défendent les intérêts des salarié-e-s, femmes et hommes, et se sont toujours déclarées attachées à faire de l’égalité professionnelle une réalité. Or vous vous apprêtez à signer un accord sur les retraites complémentaires Agirc et Arrco qui, s’il était mis en oeuvre, aboutirait à pénaliser encore plus fortement les femmes.

 

Le projet d’accord prévoit que sur les 6 milliards de financement nécessaires, l’essentiel (environ 90 %) sera supporté par les salarié-e-s et les retraité-e-s.

Or, les sacrifices que vous leur imposez seront particulièrement discriminants pour les femmes. Comme vous le savez, malgré 8 lois successives, les femmes en France gagnent toujours 27% de moins que les hommes, tout temps de travail confondu. Or qui dit inégalités salariales, dit faibles pensions de retraites : les femmes ont ainsi des pensions inférieures de 40% à celles des hommes. Elles ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes que les hommes, elles partent en retraite en moyenne plus tard que les hommes (à 62,5 ans dans le régime de base contre 61,9 ans pour les hommes). Toute augmentation de la durée de cotisation exigée pour avoir une pension à taux plein les pénalise donc plus fortement.

De même, la décision de reconduire la sous-indexation des pensions pour trois ans encore va toucher plus gravement les femmes retraitées dont la pension s’élève en moyenne à 951 euros bruts par mois (1654 euros pour les hommes). Les femmes handicapées seront encore plus pénalisées. Car elles ont souvent eu une carrière hachée et des emplois à temps partiel. Leurs retraites seront donc très réduites.

 

Les chiffrages des caisses AGIRC-ARRCO démontrent que réaliser l’égalité salariale en une décennie permettrait d’effacer tout déficit à l’ARRCO jusqu’en 2040 et de réduire de 46 % le déficit de l’AGIRC. Certains syndicats ont donc proposé d’instaurer une cotisation temporaire pour toutes les entreprises dans lesquelles l’égalité F/H n’était pas effective, de façon à inciter fortement aux comportements vertueux, et à dégager des ressources supplémentaires pour les régimes.

Ainsi, sur les 6,1 milliards de financements  prévus dans le projet d’accord, 5,7 5,35 milliards sont supportés par les salariés et retraités,300 780 millions par le patronat, dont pour lesquels vous avez aussitôt obtenu du Gouvernement l’engagement d’une compensation.  Les femmes, elles, n’auront pas cette chance ! Aussi, nous vous demandons de rester fidèles aux valeurs que vous portez. Vous pouvez agir pour faire de l’égalité salariale une réalité, Nous comptons sur vous !

Signataires

  • Féministes en Mouvements

  • Femmes pour le dire femmes pour agir

  • Mémoire Traumatique et Victimologie

  • Libres MarianneS,

  • Osez le féminisme !

  • Forum Femmes Méditerranée

  • Adéquations

  • Mouvement Français pour le Planning Familial

  • Réseau féministe “Ruptures”

  • Femmes solidaires

  • Ligue du Droit International des Femmes

  • AEMF

  • FIT une femme un toit

  • Réussir l’égalité femmes-hommes)

  • Les Effronté-e-s

  • Fondation Copernic

  • Collectif National pour les Droits des Femmes
aemf @ 19:01
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De nouvelles inquiétudes pour les retraites des femmes !

Posté le Mardi 27 octobre 2015

Retraites complémentaires : les femmes à nouveau oubliées

 

27 octobre 2015

L’ accord conclu le 16 octobre dernier va à l’encontre de l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes, quoi qu’en disent ses partisans.

 

Un accord de principe sur les retraites complémentaires Agirc et Arrco a été conclu le 16 octobre dernier entre le patronat et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC). Une économie annuelle de 6 milliards d’euros devrait ainsi être dégagée en 2020… économie qui pèse quasi exclusivement sur les salarié-es et les retraité-es (à environ 90 %). Les mesures principales en sont le recul de la date annuelle de revalorisation des pensions, leur sous-indexation (revalorisation inférieure à l’inflation), la baisse des droits futurs des salarié-es et un système d’abattement et de bonus sur la pension complémentaire. Alors que ces pensions ont déjà été fortement dégradées par les précédents accords, celui qui vient d’être conclu va encore aggraver la tendance.

De plus, les négociateurs n’ont certainement pas pris toute la mesure des conséquences sur les femmes. En particulier, le système d’abattement qui est instauré aboutit à allonger d’un an la durée de cotisation exigée pour toucher sa pension (base et complémentaire) sans subir de décote. Par exemple, une personne qui souhaite partir en retraite à l’âge légal (62 ans) et qui a la durée de cotisation exigée se verra néanmoins appliquer un abattement de 10 % sur sa pension complémentaire. Et ceci pendant trois ans. Pour ne pas subir l’abattement, elle devra rester en emploi un an de plus, jusqu’à 63 ans.

On le sait, toute augmentation de la durée de cotisation pénalise davantage les femmes car elles ont encore aujourd’hui des carrières en moyenne plus courtes. Elles risquent donc plus souvent de voir leur pension amputée par cet abattement. Or celle-ci est déjà bien plus faible que celle des hommes. En 2014 par exemple, la pension moyenne de l’Agirc servie aux femmes ne représente que 40,2 % de celle des hommes. À l’Arrco, les femmes liquident leur retraite 8 mois plus tard que les hommes. La part de femmes subissant déjà une décote sur leur pension de base est supérieure à celle des hommes, et leur décote est en moyenne plus forte… Et elles devront donc bientôt subir également un abattement de 10 % sur leur pension complémentaire ? Ou prolonger leur activité d’un an, alors que dans de nombreux métiers, en particulier à dominante féminine (infirmières, aides-soignantes, etc.) les personnes arrivent déjà aujourd’hui épuisées à l’âge de la retraite ?

L’accord prévoit certes un abattement réduit à 5 %, voire nul, pour les retraités soumis respectivement au taux réduit, ou nul, de CSG. Les partisans de l’accord soulignent que les pensions modestes, et donc les femmes, seront ainsi épargnées. Aucun retraité partant avec moins de 1100 euros ne sera concerné par un abattement, affirme la CFDT. Qu’en est-il vraiment ? Le critère d’application d’une CSG à taux nul ou réduit sur la pension se base sur le revenu fiscal de référence (RFR) : par exemple, le taux nul de CSG est appliqué pour un RFR inférieur à 10 633 euros pour une personne seule et à 16 311 euros pour un couple. Ce qui correspond, pour une personne, à un niveau maximum de pension de 985 euros1. Une personne dont la pension est de 1100 euros sera donc bel et bien être concernée par un abattement, qui sera en l’occurrence de 5% ! L’abattement potentiel de 10 % concernera les pensions supérieures à 1 287 euros.

L’application d’un critère basé sur le revenu fiscal de référence pose un problème récurrent. En effet, les couples mariés ou pacsés étant imposés de manière conjointe, le revenu fiscal de référence est celui du couple, donc identique pour chacun des deux conjoints quel que soit le niveau respectif de leur revenu. Or dans la grande majorité des cas, la femme a un revenu, salaire ou pension, inférieur à celui de son conjoint. Ainsi, même dans les cas où le niveau de sa pension la rend éligible au taux nul de CSG – et donc devrait l’exonérer de tout abattement - elle risque fort de se voir concernée par l’abattement de 10 % ou de 5 % du fait d’un revenu plus élevé de son conjoint qui fait passer le RFR du couple au-dessus du seuil d’exonération. Donnons un exemple. Si une femme a une pension de 750 euros – plus que modeste donc – qui devrait l’exclure de tout abattement potentiel, elle sera concernée par l’abattement de 10 % dès que son conjoint a un revenu supérieur à 1225 euros. Ce qui ne le classe pourtant pas parmi les personnes aisées. Il semble que ce problème de seuil variable en fonction du revenu du conjoint n’ait pas été pris en compte. Oubli au détriment de nombreuses femmes…

Cet accord va à l’encontre de l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes, quoi qu’en disent ses partisans. Des solutions justes existent pourtant pour financer les retraites. L’axe central inclut la réduction du chômage, l’amélioration des salaires mais aussi la lutte contre le temps partiel subi par les femmes et la réalisation de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Rappelons qu’une étude de 2010 de la Caisse nationale d’assurance vieillesse avait montré qu’une égalisation par le haut des salaires entre les femmes et les hommes, qui serait atteinte en 2023 dans la simulation, permettrait de faire entrer 11 milliards d’euros de cotisation pour la seule retraite de base. De quoi inciter à secouer la résignation ambiante qui semble accepter comme inéluctables les inégalités entre les femmes et les hommes. Ou qui fait semblant de préserver les femmes avec de tels accords !

Christiane Marty est co-auteure de Retraites : l’alternative cachée, Syllepse, 2013.

aemf @ 18:21
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L’AEMF à la 4ème Marche Mondiale des Femmes

Posté le Mercredi 16 septembre 2015

Dans le cadre de la 4ème Marche Mondiale des Femmes, l’AEMF sera présente à la Rencontre Méditerranéenne « Femmes face aux extrémismes » à Marseille à la Faculté Saint-Charles ce week-end, les 19 et 20 septembre.

Femmes face aux extrémismes

A l’origine de cette Rencontre : la montée des extrêmes droites en Europe. Rencontres, discussions et projets d’actions sont prévus tout au long de la journée de samedi, de 9h à 18h. A 18h30, une présentation de la Caravane Européenne de la Marche Mondiale des Femmes est prévue suivie d’une marche en direction du Vieux-Port à 19h.

Le 20 septembre sera, lui, consacré aux travaux en commun avec le Mouvement de la Paix et à la présentation du parcours européen de la caravane féministe de la MMF. La Marche mondiale a débuté le 8 mars 2015 à Kobané, ville-symbole de la tentative d’oppression des femmes par le groupe terroriste El et de sa résistance. Elle fera étape à Marseille ce week-end.

 

Mobilisation pour la défense de L’Abri maternel

Posté le Dimanche 8 mars 2015

Rassemblement le 9 mars à 17h devant le Conseil Général de la Moselle, place de la Préfecture.

L’Abri-Maternel, service public (Fonction publique Hospitalière) dont la mission est d’accueillir en urgence les mamans isolées avec enfants de moins de 3 ans ou dont la moyenne d’âge est inférieure à 3 ans  et qui ont besoin d’un soutien matériel et psychologique, notamment parce qu’elles sont sans domicile, est menacé de fermeture.

Le Conseil Général prend cette décision sans prévoir un établissement relais puisque les autres institutions n’ont pas vocation à effectuer un travail d’accueil d’urgence (Nid Maternel, Ermitage St Jean..) et n’ont pas les moyens et le personnel pour effectuer le travail d’écoute, de sécurisation, d’accompagnement qu’effectuent les agents du service public du Centre Départemental de l’Enfance. Les autres institutions pourraient être mises en difficulté, le pire étant que les mamans restent à la rue.

L’AEMF soutient la mobilisation pour le maintien de L’Abri maternel mais regrette l’instrumentalisation politique du dossier à la veille d’élections départementales.

aemf @ 10:42
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